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«J’ai voulu rendre à l’enfant le pouvoir sur son corps»

«J’ai voulu rendre à l’enfant le pouvoir sur son corps»
 
31.01.20 - Sexologue et auteure prolifique, la Canadienne Jocelyne Robert (photo en médaillon) était de passage en Suisse début décembre pour une conférence sur le thème de son nouveau livre: «Te laisse pas faire! Les agressions et les abus sexuels expliqués aux enfants» (éd. De l’Homme).
«Les enfants ne devraient pas être sensibilisés à l’exploitation sexuelle sans avoir été préalablement informés des faits sexuels épanouissants et respectueux», écrivez-vous en préambule. Par où commencer l’éducation dans ce domaine?
Il est triste que des enfants intériorisent d’office des notions inquiétantes sur la sexualité. L’éducation doit se faire le plus simplement possible. Quand l’enfant acquiert le langage, lui apprendre à nommer ses organes génitaux. Puis répondre à ses questions. Il doit retenir que la sexualité, c’est beau et bon, mais pas dans n’importe quelles conditions: certains actes sont inacceptables. Une erreur à éviter est de toujours associer la sexualité avec l’amour. On souhaite que la sexualité exprime l’amour, mais elle peut aussi exprimer le rejet, le pouvoir ou la haine! Si l’enfant ne fait pas la différence, il aura plus de peine à se protéger d’un proche abuseur qui présentera ses gestes comme de l’amour.

Aborder la question des agressions sexuelles avec des petits n’est pas anodin.
Quels moments choisir et quel message transmettre?

Vers l’âge de quatre ans, lorsque le petit passe par une phase où il est amoureux de son papa ou de sa maman, on peut saisir l’occasion pour lui expliquer: «Non, ton papa/ta maman ne peut pas être ton amoureux/se, c’est le mien. Tu auras le tien plus tard.» Lorsque l’enfant découvre son corps et se tripote, qu’il joue au docteur avec un petit copain, on peut dire: «C’est normal d’être curieux de son corps et de se comparer. Mais ces jeux ne doivent jamais se passer avec un grand, même de la famille.» Il faut trouver de l’audace pour parler à son enfant. Mais s’il sent de la gêne autour de ce sujet, il se taira aussi.

Pourquoi ne devrait-on jamais insister pour qu’un enfant donne un bisou, même à un proche?
Si on le force, on lui transmet la notion qu’il doit accéder à tout ce que les adultes demandent, qu’il s’attirera des ennuis s’il refuse. Il est libre de refuser la demande d’un adulte! Le savoir lui donnera la force de dire «non» même à son baby-sitter ou à son entraîneur qu’il apprécie. J’ai voulu donner à l’enfant du pouvoir sur sa personne et son corps, par l’entremise des parents.

Selon vous, certains enfants sont plus vulnérables, notamment ceux qui manquent d’affection, sont mal informés ou évoluent dans un milieu fermé.
Les parents, la famille sont la première référence de l’enfant. Si la sexualité est un sujet tabou, confus, mystérieux à la maison, comment imaginer qu’il aura une parole libérée en cas d’abus? Un enfant qui se fait voler son vélo le dira. S’il est dérangé par un comportement, il doit pouvoir le verbaliser.

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