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L’adoption, à l’épreuve de l’adolescence

L’adoption, à l’épreuve de l’adolescence
 
09.08.12 - La Canadienne Johanna Lemieux est une référence dans le domaine de l’adoption. Dans l’entretien qu’elle a accordé à Family, elle explique les défis de l’adolescence pour les enfants entrés dans une famille par l’adoption
Quels sont les enjeux principaux pour un parent lorsque son enfant adopté entre dans l’adolescence?
L’adolescence permet d’évaluer la solidité du lien de confiance et de sécurité d’un enfant adopté. Si ce lien ne s’est pas développé, ni les parents, ni l’enfant n’en sont forcément responsables. Il existe des situations extérieures, où «la météo n’est pas très bonne» et où, même si l’on est un bon matelot, l’embarcation peut couler malgré tout.
Un autre enjeu est celui de l’attachement de l’enfant adopté à ses parents. Il est régulièrement confronté à ces questions: «Ma mère sera-t-elle là pour moi même si je suis insupportable, même si je lui dis qu’elle n’est pas ma mère?». Un adolescent teste ses parents, alors il ne faut pas toujours croire ce qu’il dit. Ce sera d’autant plus vrai d’un adolescent adopté, qui sera parfois plus cruel avec ses parents que ne le sont déjà naturellement les autres adolescents. Alors s’il lance un «tu n’es pas ma mère, j’aurais été mieux en Colombie ou au Mali», il ne faut pas le prendre comme une attaque personnelle, mais plutôt se dire: «Bon, il est fâché, quelque chose ne va pas.
Il se cherche, il est frustré parce que je lui ai dit non, mais ça ira mieux demain, on en reparlera plus tard.»

En réalité, il recherche quelque chose de plus fragile en lui-même. Et même de plus fragile chez ses parents, qui croient pour certains que l’amour et les bons soins auront effacé toute trace de l’adoption, et qui se donneront une espèce d’obligation de résultat dans la souffrance de l’enfant. Mettre toutes les chances de son côté est une chose, mais nous devons laisser à l’enfant une partie de ce cheminement, le laisser partir même si l’on a l’impression qu’il n’est pas bien outillé.

Quels vont être les défis des parents adoptants dans cette période?
Ils doivent être attentifs à la «normalité adoptive»: un enfant adopté, même s’il va bien, sera souvent caractérisé par une différence entre son âge réel et son âge développemental, c’est-à-dire sa maturité. Il peut avoir seize ans dans son corps et son intelligence, mais être un peu plus jeune sur le plan de la maturité. Pour les parents, ne pas en tenir compte, c’est se mettre dans le trouble et risquer de placer l’enfant en situation d’échec plutôt que de succès.
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Crédits
Source/Agence: Christian Willi
Illustration/Photo: © Alliance Presse
 
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Un enfant adopté n’est pas un «plan B»

Pendant longtemps, les enfants qui naissaient hors-mariage ou qui étaient adoptés avaient un statut légal un peu à part. Comme si on leur faisait porter la honte. Aujourd’hui, je pense que l’on a tous une espèce de culpabilité collective. Nous craignons à tel point cette époque où les enfants étaient traités de «restants de crèche» ou de «bâtards» que nous versons dans l’excès inverse: nous minimisons leurs particularités et ne les voyons plus tels qu’ils sont, mais tels que nous voudrions qu’ils soient.
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