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L’amour, un mode de relation menacé

L’amour, un mode de relation menacé
 
27.04.20 - Après «Une jeunesse sexuellement libérée» (Ed. Albin Michel), Thèrèse Hargot (photo en médaillon) revient avec un essai intitulé «Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour?». La sexologue re-tire la sonnette d’alarme et propose des solutions en synergie avec l’environnement.
Vous déplorez que la sexualité soit devenue un produit de consommation comme un autre. Comment notre société en est-elle arrivée là?
Si aujourdʼhui, on a transformé la sexualité en objet de consommation, tout comme la procréation, du reste, cʼest lʼexpression dʼune rupture anthropologique consécutive à la révolution sexuelle: la jouissance sans entrave est devenue la finalité de la sexualité. On en subit encore les conséquences.
Mon livre traite notamment de la contraception hormonale, laquelle a modifié en profondeur le rapport, non seulement à la sexualité, mais aux femmes, aux hommes et aux enfants. Cette rupture a déshumanisé la sexualité.

Selon vous, le sexe virtuel, qui dit pornographie et autres apps de rencontre, a tendance à créer des «handicapés de la relation».
Aujourdʼhui, on voit des jeunes adultes ayant un rapport immature avec la sexualité. La façon dont ils lʼont apprivoisée les conduit à ne plus savoir y faire quand il y a un enjeu affectif et relationnel. En consultation, jʼentends: «Ça fonctionne très bien devant un porno, mais pas du tout avec ma copine/ma femme.
» Ce qui sʼest passé, depuis Mai 68, cʼest quʼon a libéralisé la pulsion sexuelle au lieu de lʼéduquer. On nʼapprend pas à temporiser le désir, à gérer cette pulsion créée par une accumulation dʼémotions négatives au cours de la journée (stress, angoisse, frustration). Car en effet, le plaisir sexuel apporte un soulagement ou bien-être. Mais il sʼagit dʼapprendre à gérer sa pulsion et de comprendre son origine au lieu dʼ y être soumis. Cet apprentissage est nécessaire pour entrer dans la relation à lʼautre.

Pour ce faire, les parents ont un rôle à jouer dès l’enfance, n’est-ce pas?
Lʼéducation au désir est une clé. Les parents peuvent apprendre aux enfants que ce nʼest pas parce quʼon veut quelque chose quʼon y a droit! Face à un enfant qui demande des bonbons au magasin, on peut répondre que «cʼest mauvais et quʼil nʼen aura jamais» ou, au contraire, acheter les bonbons pour avoir la paix. Une troisième option est de répondre «Dʼaccord, on les achètera pour ton anniversaire». On donne une temporalité au désir: il y a un moment pour vivre les choses. Cette éducation-là permettra dʼavoir une vie relationnelle ajustée. Sinon, la sexualité dans une société de consommation a pour résultat «je veux, je prends», avec une perte de la dimension humaine, personnelle.

Selon vous, le «slow-sex» est la clé des couples durablement heureux sexuellement. En quoi cela consiste-t-il?
Le principe est de changer notre facon de concevoir la sexualité. Lʼobjectif nʼ est plus la jouissance à tout prix, ni la performance ou la réussite. Il faut entrer dans un paradigme relationnel: lʼobjectif est de créer du lien avec lʼautre, de se dire «je tʼaime» par les corps.
(...)
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