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La crise de mon ado est-elle normale ou aiguë?

La crise de mon ado est-elle normale ou aiguë?
 
28.04.15 - On considère comme «normal» qu’un ado soit en crise. Mais comment déceler les signes d’un malaise plus profond? Entretien avec la psychoclinicienne Yvonne Poncet-Bonissol, auteure de «Adolescents, crises, révoltes, fractures, comment faire face?» (éd. Dangles).
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Quelles sont les manifestations propres à la crise d’adolescence, les évolutions auxquelles doit s’attendre un parent?
Lors de l’adolescence, le problème est identitaire. L’adolescent peut être révolté, passer d’un état d’excitation à des formes de repli, avoir une tendance à être dans l’image qu’on attend de lui, donc de s’affirmer par le look. Il peut s’affirmer par rapport à sa famille ou bien par rapport au clan, qui est une manière de prendre son envol. Il y a aussi tout ce qui touche à son identité sexuelle, des comportements hésitants dans son orientation: il n’est ni hétéro, ni homo. Au niveau de l’école, il peut y avoir des baisses, l’ado n’est pas structuré.
Tous ces symptômes sont une tentative d’individuation. Or prendre son envol fait peur. Cette transition est douloureuse pour lui, car il doit s’adapter à la transformation extérieure, son corps, mais aussi à celle de son intériorité.

Et l’opposition, est-elle systématique pour un ado?

Tous les ados ne sont pas dans l’opposition. Quand les parents ont réussi à alterner entre d’un côté proximité et attention, et de l’autre distance, qu’ils ont toujours favorisé l’autonomie et l’individualisation de l’enfant, il n’y a pas obligatoirement de crise violente.
L’opposition est le symptôme du désir de se séparer. Plus une mère a été fusionnelle ou hyperprotectrice, plus la crise avec la fille sera dure. Le garçon, lui, traversera des moments difficiles quand le papa a été démissionnaire, qu’il n’a pas eu de modèle masculin bien dessiné. Soit il y a eu un manque de regard, soit pas assez de limites. Dans ces conditions, l’ado garçon cherchera son identité auprès des copains. C’est à ce moment-là que l’on voit des ados avec des dégaines différentes. Ce qu’on observe sur le terrain, c’est que plus le père est défaillant, plus les risques de dépendances sont grands. L’addiction n’arrive pas par hasard. C’est une manière de devenir dépendant de quelque chose qu’on n’a pas eu. En même temps, l’ado veut être dans la transgression.

Comment les parents peuvent-ils accompagner cette période délicate? Quelle est la juste distance à trouver avec l’adolescent?
Il faut trouver le juste milieu et commencer d’abord par déchiffrer si douleur psychique il y a. Celle-ci s’exprime souvent par du refus: d’obéir, de travailler à l’école, de s’accepter.
(...)
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