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Le jour où le divorce de mes parents m’a ratrappée

Le jour où le divorce de mes parents m’a ratrappée
 
31.01.20 - Antschana Schaar livre une chronique du début de sa vie de couple, marquée par un passif lié au divorce de ses parents. Accueilli initialement comme une délivrance, celui-ci s’est rapidement mué en blessure existentielle. La jeune femme a alors choisi la fuite en avant, laquelle a failli lui coûter son ménage.
Quand jʼavais quinze ans, ma mère mʼa dit quʼelle allait divorcer de mon père. Ma première réaction a été le soulagement. La vie avec mon père nʼétait pas facile. Je savais quʼil mʼaimait, mais je ne ressentais pas son amour. Les quelques phrases positives quʼil mʼadressait ne faisaient pas le poids avec les nombreuses paroles négatives et même écrasantes.
La vie à la maison ressemblait à la traversée dʼun champ de mines. Jʼétais toujours sur le qui-vive pour ne pas fâcher mon père, sans savoir quand la prochaine «bombe» allait exploser sous forme de paroles désagréables et coléreuses.
L’annonce du divorce sonnait donc comme une délivrance: enfin la paix, de la place pour moi, pouvoir respirer à nouveau, être en sécurité. Cʼétait ce que je pensais. Puis jʼai été frappée en plein cœur, avec une force qui mʼa fait perdre lʼéquilibre: «Nous ne sommes plus une famille.
» Jʼétais soudain seule. Impuissante. Abandonnée. Déracinée. Sans-abri. Sans fondement.

Seule au monde
Le champ de mines appartenait au passé, mais je nʼavais plus de fondement sur lequel poser mes pieds. Je me sentais flotter seule dans lʼespace. Je ne savais plus ou était le haut ou le bas, la droite ou la gauche, jʼétais désorientée et sans soutien. Ma tête, malgré ses explications rationnelles et sa logique, était entrainée dans lʼabîme.
Je me souviens dʼun soir où jʼétais couchée dans mon lit et où je pleurais comme un bébé: «Pourquoi mʼavez-vous abandonnée? Jʼai besoin de vous, je ne peux pas me débrouiller seule. Jʼai besoin de mes parents. Je ne suis pas encore prête, je nʼy arrive pas seule!» Jʼavais peur de ne plus jamais pouvoir mʼarrêter de pleurer. Lorsque mes larmes se sont finalement taries tard dans la nuit, je me suis promise de ne plus jamais me laisser me faire mal ainsi. Je ne voulais plus jamais me sentir aussi impuissante. Pendant beaucoup dʼannées, je nʼai plus pleuré de tout mon cœur.

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