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Les enfants, premières victimes des divorces

Les enfants, premières victimes des divorces
 
11.01.13 - Pédiatre et auteur de «Il est où mon papa ?» (éd. Robert Laffont), Edwige Antier lance un appel aux parents qui songent au divorce : «N’oubliez pas vos enfants et ne les faites pas souffrir !»
 Dans «Il est où mon papa ?» (Robert Laffont), vous déplorez l’absence croissante des pères dans l’organisation familiale. Comment l’expliquez-vous ?
Les couples se séparent de plus en plus tôt. Et les divorces touchent donc des enfants de plus en plus jeunes. Or à ces âges-là, c’est la maman qui a la garde constante de l’enfant ; pour l’enfant, il devient difficile de savoir où est son père.

L’augmentation du taux de divorce et l’essor des projets parentaux en solo ne sont-ils pas, finalement, le revers de la médaille du progrès social ? L’évolution de la société ne conduit-elle pas à ces crises conjugales ?
On ne peut pas vraiment parler de projets en solo. Il est rare qu’une femme veuille un bébé pour elle toute seule ! A la base, il y a généralement un vrai projet de couple.

Et puis bizarrement, le couple craque, même quand il s’est investit dans la réussite de ce projet, qu’il a pris du temps pour asseoir la vie conjugale et avoir un enfant.
Les conjoints sont souvent confrontés à une ligne de fragilité lorsque leur deuxième enfant est âgé d’environ deux ans. Une période synonyme de burn-out.
Car dans le même temps, l’homme et la femme sont confrontés chacun à des défis importants, propres à notre société : la femme cherche à être la meilleure dans son emploi et se garde bien de dire que sa famille a besoin d’elle. En parallèle, elle veut être une bonne maman, mais une maman jolie. Elle n’a jamais porté des talons aussi hauts ni acheté de si nombreux produits de beauté. Il faut être belle !
Les hommes, eux, en plus de leurs compétitions professionnelles, essaient d’être de bons papas. Et ce n’est pas tout : gavés d’images à caractère pornographique, ils veulent absolument être bons au lit !
Pour le couple, cela fait donc beaucoup. Et à un moment donné, les conjoints craquent devant des attentes et des défis aussi nombreux.

Vous écrivez que beaucoup de femmes divorcées imaginent pouvoir éviter tout contact entre leur enfant et son père. Que dites-vous aux femmes porteuses de ces aspirations ?
Je leur dis que si elles écartent ainsi le père, elles risquent de s’en mordre les doigts quand leur enfant sera adolescent ou jeune adulte. En effet, elles peuvent être tentées d’exclure le père de leur(s) enfant(s) de l’équation, pour éviter que ce dernier ne leur nuise. Cependant, il demeure le père des enfants et un repère précieux, en particulier au cœur de l’adolescence.
Ce n’est pas pour rien que les juges aux affaires familliales essaient de garder le père dans la relation. Ne serait-ce que pour garder la mémoire, garder le lien.

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