L'article

Madame Dragon

 
04.05.17 - La chronique de Myriam Demierre, comédienne, auteure des one-woman-shows «L’école des mères» et «O temps des mères».
Les nettoyages de printemps et les recherches d’apprentissage d’Oscar m’ont fait retrouver ses anciens agendas scolaires. Dont celui des années chez la maîtresse que j’ai appelée «le dragon». J’ai parcouru à nouveau les multiples remarques, toutes plus sympathiques les unes que les autres, qui maculaient dans tous les sens le précieux livret, mes réponses le maculant dans l’autre sens en retour.

Notre progéniture était ainsi devenu une sorte de balle de ping-pong, enjeu d’une bataille de mots. Balle de ping-pong qui ne tenait pas en place et c’est bien là ce qui lui était reproché.
La plus truculente de ces batailles a été celle du bonnet de bain. Privation de piscine parce que le bonnet de bain de junior était en tissu et non pas en caoutchouc (mea culpa: je faisais une résistance active aux injonctions de début d’année, estimant que le bonnet de bain qui était efficace pour son frère et sa sœur le serait aussi pour Oscar. Mais la maîtresse n’était pas du même avis et le priva derechef de piscine). D’où remarque et réponse.

Puis nouvelle privation de piscine, parce qu’il n’avait pas fini de noter ses devoirs dans son agenda. D’où re-remarque et re-réponse. Rebelotte avec une nouvelle privation de piscine parce qu’il n’avait ni bonnet ni capuchon à sa veste (et risquait donc de tomber malade) par un bel après-midi de 15 degrés à l’ombre! D’où re-re-remarque et re-re-réponse. D’une page, cette fois. Histoire, sans doute, que je puisse apprécier, et la perfection du style de Madame Dragon.

Nous avions affaire à une dame qui semblait avoir une dent contre notre fils et mes remarques ne semblaient qu’attiser le problème. Que faire? Laisser couler, au risque de le voir victime récurrente d’injustices, ou persister, au risque de le voir nominé bête noire de l’année et victime d’acharnement caractérisé? Face à ce dilemme insoluble, et au risque de finir l’année dans un institut de repos, j’ai résolu d’écrire mon premier spectacle, «l’Ecole des Mères», dans lequel j’ai répondu à Madame Dragon ce que je n’avais jamais osé: «Madame, merci de prendre note qu’à compter de ce jour, j’autorise officiellement Oscar à tomber malade à l’issue des leçons de natation, mais que je ne lui permets pas de se noyer lors de nos prochaines vacances.»

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