L'édito de la Rédaction

Ne pas jeter l’écran avec l’eau du bain...

 
31.01.20 - L'édito de la Rédaction - La liste des reproches que l’on fait aux petits écrans (et à notre façon de les utiliser) est plus longue que notre bras. Combien de fois n’ai-je pas moi aussi pesté contre leur côté addictif, isolant et invasif?

Permettez-moi d’oser un parallèle entre smartphones et l’invention de la voiture. Au début de la voiture, elle constituait un produit de luxe. La première génération à la découvrir allait au travail la semaine en vélo, à pied. Et, à l’exception de l’élite bourgeoise, on ne sortait la voiture que pour les grandes occasions.

Ensuite, l’accès à la voiture s’est démocratisé, sous l’impulsion notamment de Henry Ford qui proposait à tous ses employés d’usine d’acquérir la fameuse Ford T à bon prix. Du coup, la deuxième génération et les suivantes ont multiplié les déplacements en voiture. Cette habitude a accéléré notre sédentarisation. L’homo sapiens a fait de moins en moins d’exercice physique et a pris du poids... Ainsi, depuis une génération, on nous dit: «Roulez moins, bougez plus!» Je traduis: faites du sport pour compenser. Cette tendance, ajoutée à la prise de conscience des méfaits des moteurs sur le climat, a accentué le trait. Désormais, nous culpabilisons (presque) de nous déplacer en voiture.

L’histoire se répète avec les petits écrans embarqués. La première génération l’affichait comme un objet de statut social. Ensuite, toutes les générations ont commencé à les utiliser au point que nos téléphones sont devenus un prolongement de notre corps, un membre supplémentaire indispensable.
Cette évolution a été bien plus rapide que pour la voiture. Car déjà les premières mises en garde contre les méfaits des petits écrans sur la santé et, pour les enfants, sur le développement cognitif ont retenti. En l’état des connaissances actuelles, il n’est pas hasardeux d’affirmer que le jour viendra où l’on nous dira de remiser tous nos objets connectés à cause des effets secondaires préjudiciables.

Le défi, comme pour la voiture, c’est d’apprendre soi-même et à nos enfants, comment l’utiliser intelligemment. En effet, les smartphones ont aussi des avantages parfois insoupçonnés. Ici un frère et une sœur, querelleurs, se mettent à liker leurs posts respectifs sur les réseaux sociaux. Ils commencent même à dire du bien l’un de l’autre. Et à se parler (par écran interposé), ou du moins à s’envoyer des smileys, des cœurs, etc. Là, des parents parviennent à engager des micros-échanges avec leurs ados qui se montrent pas causant ou qui sont plus souvent absents qu’à la maison. Et un enfant enverra un appel au secours par Whatsapp, après avoir été agressé lors d’un camp, d’une sortie d’école.
Des relations superficielles? A nous d’apprendre à dompter et à utiliser cet outil à bon escient.

Christian Willi, rédacteur en chef

Commander ce numéro S'abonner

Alliance Presse est un groupe de presse indépendant, spécialisé dans la presse chrétienne.

Pour accomplir sa mission d'information de façon professionnelle, Alliance Presse dépend de la générosité de celles et ceux qui apprécient ses magazines et ses sites internet.

Je manifeste mon soutien à Alliance Presse en ajoutant un don de
    
 
Une faute d'orthographe, une erreur ou un abus dans les réactions: signalez-le à la rédaction.


Pas de réactions pour l'instant: soyez le premier à réagir sur cette page.

Saisir votre réaction

Se connecter/S'inscrire pour réagir
 

Facebook
 
éditeur

Un site
d'Alliance Presse



 

x