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Parler des autres religions à ses enfants

Parler des autres religions à ses enfants
 
02.08.17 - Les autres religions existent et font partie du quotidien de nos enfants. Saisissons les occasions pour en parler avec eux, avec justesse et humilité et un minimum de préparation.
Quand on est un parent chrétien, parler des autres religions à ses enfants requiert un peu de préparation. Comment s’y prendre? Bien sûr, il ne s’agit pas de s’asseoir autour d’une table et d’entamer un cours magistral. L’idéal est donc de saisir les occasions qui se présentent naturellement.
L’actualité est un bon point de départ pour une discussion, mais ce n’est pas le seul. Cela peut être une conversation avec un camarade, une œuvre d’art ou un livre, un événement tel qu’un mariage d’une autre confession, ou encore la visite d’un lieu de culte.

Abraham et Jésus
Si l’on ouvre la Bible en famille, l’histoire d’Abraham, père des croyants, peut conduire à certains développements. D’autres récits bibliques, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, mettent en scène d’autres religions.
La personne de Jésus aussi pose question, car elle est connue dans les trois monothéismes mais sans que tous aient le même point de vue à son égard», souligne Isabel Gourmaud, enseignante et formatrice, responsable du centre Envol.

L’homme, en recherche de Dieu
Selon Luc Bussière, éducateur, la personne de Jésus est fondamentale pour que l’enfant comprenne et apprécie l’apport des autres religions. «On peut montrer que l’homme est en recherche de Dieu et que les différentes religions sont le fruit de cette quête. Cela est digne de respect. Mais dans le christianisme, c’est Dieu qui, à travers Jésus, vient vers l’être humain. C’est unique.» Et de préciser: «Il faut dire de quel point de vue on se place, sans honte et sans peur.»

Ce qui n’empêche pas de reconnaître une part de vérité dans les autres religions. Loin de diminuer la particularité du christianisme, cela la souligne. En étant bien ancré dans sa propre foi, un parent parlera d’autant plus humblement des autres croyances, sans avoir besoin de les critiquer. Cela nécessite un minimum de curiosité vis-à-vis des autres courants de pensée. Des ouvrages existent, et il ne faut pas craindre de s’en doter!

Le piège du relativisme ambiant
Le grand piège à éviter est celui du relativisme ambiant: s’il y a une part de vérité partout, alors tout se vaut! Mais cette «ouverture de tous les possibles» laisse l’enfant sans repère et l’adolescent insatisfait. Sur le terrain vague de ses connaissances, les discours qu’on voulait justement éviter trouvent le champ libre et s’implantent plus facilement. «Les jeunes ont besoin de repères véritables», plaide Luc Bussière.

Réflexion personnelle à accompagner
Certes, ces repères ne remplaceront pas l’exigence d’une réflexion personnelle, qu’il faudra alors accompagner. «Le parent n’est pas une machine à réponses - surtout si les questions n’ont pas encore jailli! Son rôle consistera surtout à favoriser et à stimuler la réflexion de l’enfant ou du jeune», conclut l’éducateur.

Claire Bernole

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