L'édito de la Rédaction

Quand le conflit devient apprentissage

 
31.07.18 - L'édito de la Rédaction - Une nuit, je me réveille en sursaut car un bruit fracassant secoue mon domicile. Après m’être assurée que les enfants et mon mari vont bien (en fait, ils dorment paisiblement), je réalise que le miroir de la salle de bain s’est décroché du mur et a explosé en mille morceaux par terre.
Le lendemain, un drôle de conflit m’attend avec mon conjoint: il veut remplacer le miroir par un autre identique - comme ça il n’y aura plus de trace de ce petit incident. Quant à moi, je veux profiter de l’occasion pour revoir la décoration et changer la couleur de la salle de bain ainsi que le mobilier. Patratas! «Monsieur-répare-tout» et «Madame-améliore-constamment», selon l’expression de John Gray, célèbre auteur de Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus (éd. HarperCollins) sont de nouveau en conflit. On sort le grand jeu, mais là, on répète quelques techniques de communication non-violente qu’on ne maîtrise pas (encore) très bien: «Quand je vois que… je ressens… En fait, j’ai besoin de… je te demande…» Le sort de notre salle de bain n’est pas encore fixé, mais le conflit se transforme en collaboration constructive.

C’est ce que Nina Bataille explique, quand elle coache des familles pour surmonter les disputes entre frères et sœurs: faisons des conflits, forcément inévitables, des occasions d’acquérir des compétences qui nous seront fort utiles dans notre vie non seulement familiale mais aussi sociale et même professionnelle. Le conflit peut être source d’échec. Mais le fait qu’il existe n’est pas une honte en soi. Si le désaccord est inévitable, c’est ce qu’on en fait par la suite qui peut être évité.

Il en est de même pour l’éducation au courage civil: si l’on apprend à ne pas avoir peur de l’affrontement, à ne pas s’en éloigner systématiquement mais à considérer qu’il s’agit peut-être d’une occasion de grandir, d’apprendre, alors on peut prendre position sainement, sans se réfugier derrière un silence apeuré.

Or il n’y a pas de «laboratoire de recherche» plus propice à ces apprentissages que la famille. On se dispute, on se chamaille, on s’explique, on se réconcilie, on se pardonne, bref: on s’aime, à tous les stades. Dans une famille, l’amour n’est ni fade ni de façade. Il est véritable, même si parfois le chemin est escarpé.

Marie Lefebvre-Billiez, rédactrice en chef

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«Mon travail d’éducateur est un travail d’artiste. Accueillir la masse informe d’un adolescent pour sculpter, lentement, l’être humain qu’il est, et qu’il ignore, c’est un travail d’orfèvre.»

Guy Gilbert in Les adolescents, (éd. Philippe Rey)
 

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