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Séparation: préserver le lien malgré tout

 
04.05.17 - Un parent séparé aura d’autant meilleurs et fréquents rapports avec ses enfants qu’il respectera et valorisera son ex.
Préserver la relation avec l’autre parent après une séparation est souvent délicat. Edwige Antier, pédiatre et auteure de nombreux livres, explique: «Un parent séparé verra plus facilement son enfant et aura de meilleurs rapports avec lui s’il respecte son ex. Garder une relation amicale sera bénéfique pour l’enfant mais aussi pour soi, dans le futur. La vie est longue et pleine d’embûches, on a besoin d’alliés!»

La pédiatre explique également que plus la communication avec l’autre parent est facile et entretenue, plus l’enfant restera à sa place d’enfant. «Face au conflit parental, l’enfant se sentira forcé de garder secrète sa vie avec l’autre parent, il prendra l’habitude de mener sa propre barque, en imposant ses désirs. Il prendra le pouvoir». Ce schéma risque de devenir difficile à gérer à l’adolescence. «Quel parent donnera des conseils sur ses fréquentations alors que lui-même n’a pas su choisir!»

ce qui peut survivre à la rupture, c’est l’amitié
Pour Edwige Antier, l’objectif idéal après une séparation est de chercher à établir une amitié. Elle reconnaît que cela semble souvent impossible au moment du séisme, «car il y a trop de souffrance». «Mais vous avez donné plusieurs années de votre vie à cette personne, lui avez trouvé des qualités au point de faire un bébé ensemble, ne jetez pas cette tranche de votre vie aux oubliettes! Il vous faut trouver une nouvelle relation».

Elle explique que l’on peut s’aimer passionnément, sexuellement, amoureusement, mais également affectueusement, amicalement.

Le rôle de l’avocat
Pour le bien de la famille, il est nécessaire qu’un cadre soit établi. Edwige Antier recommande pour cela de consulter un avocat, différent pour chacun, qui puisse aider à la mise en place d’un consensus, sans qu’interviennent les sentiments de culpabilité ou de revanche de chacun. «Ainsi pourront s’instaurer des temps où chaque parent s’occupera de l’enfant et les implications financières seront définies avec justesse». Bien entendu, la pédiatre admet que cette convention puisse être révisée selon les périodes de développement de l’enfant et ses besoins. Bienveillance et respect réciproques: voilà les piliers d’un cadre solide d’après Edwige Antier.

De bonnes ondes
Malheureusement il arrive qu’un des conjoints ne coopère pas au maintien de la relation après la rupture. Edwige Antier reconnaît en effet qu’un des deux conjoints ressort souvent de la séparation plus blessé que l’autre. A cause de la rancœur, le dialogue peine à se rétablir.

La pédiatre pointe la nécessité d’envoyer de bonnes ondes: «N’humiliez pas votre ex, complimentez les chaussures qu’il/elle a acheté à votre enfant, envoyez un texto positif: “Super, son gilet!”, donnez au petit une part de tarte pour papa». Même s’il n’y a pas de retour ou des réponses ironiques, le chemin est ouvert pour la paix. Après un temps de querelles, grâce à ces signaux positifs, la carapace craque, un jour de cafard et la complicité parentale se recrée… parce que le contact a été préservé.

Gaëlle Monayron

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