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Trouver des solutions à la charge mentale

Trouver des solutions à la charge mentale
 
31.07.18 - Face à la grande quantité d’informations qui traversent nos esprits au quotidien, la médecin Aurélia Schneider propose des outils simples mais efficaces. Interview.
Gestion administrative, vie professionnelle, plannings familiaux, courses, organisation des vacances, des engagements associatifs, ecclésiaux et même des hobbies; la vie moderne engendre une quantité de données à gérer. Comment réduire ce qu’on appelle la «charge mentale» pour ne pas tomber dans le surmenage? Entretien avec la médecin Aurélia Schneider, auteure de La charge mentale des femmes...et celle des hommes (éd. Larousse) et spécialiste en psychothérapies comportementales et cognitives.

Comment définissez-vous la charge mentale?
C’est ce que l’on vit psychologiquement quand on est dans un domaine et qu’on doit gérer ce qui se passe dans un autre domaine. On est dans un lieu avec des tâches à accomplir et simultanément, on a d’autres choses à organiser.
C’est le coup psychique de l’empilement des obligations diverses et pas dans le même espace de localisation. Une définition plus large: quand vous ne pouvez pas faire une tâche de A à Z car survient un e-mail ou un coup de téléphone, vous êtes en charge mentale. Cela concerne donc aussi les hommes, surtout s’ils s’occupent de la vie domestique ou sont divorcés et doivent gérer la baby-sitter.
Avant, c’était la vie domestique qui empiétait sur le monde professionnel. Aujourd’hui, le monde du travail peut envahir la vie privée. Qui ne prend pas son ordinateur chez lui? Que la femme qui n’a pas lancé une machine avant de faire son télé-travail lève la main.

Les femmes ont-elles plus d’informations à gérer que la génération précédente ou en parle-t-on simplement davantage?
On en parle depuis que les femmes travaillent en dehors du foyer. La sociologue Monique Haicault a observé cela après l’arrivée des femmes sur le marché du travail. Selon les premières études sur le sujet, les femmes «inactives» faisaient quarante heures de travail par semaine en 1974. La charge mentale a toujours existé, même au foyer, car il y a l’obligation de s’occuper des enfants en même temps que de la maison.
Dans le livre de civilisation indienne, le Kama-sutra cité dans mon ouvrage, texte datant du deuxième au cinquième siècle, la femme faisait déjà tout dans la maison: elle plantait à la bonne saison, payait les domestiques, transvasait les liqueurs, elle comptait tout. D’ailleurs, l’expression «charge familiale» est explicitement utilisée.

Selon vous, le cycle féminin joue un rôle dans le fait que la femme compte sans cesse le temps dont elle dispose...
C’est ma petite hypothèse personnelle. En faisant un diplôme de chronobiologie, j’ai appris que l’ovulation était rythmée par des sécrétions d’hormones pulsatiles, toutes les 60 ou 90 minutes. J’avais trouvé ça extraordinaire et m’étais dit que les femmes ont une montre hyper-perfectionnée en elles. Ce cycle rythmé extrêmement précis m’avait bluffée!
J’ai fait le lien entre la rythmicité de certaines sécrétions féminines et le fait que les femmes comptent toujours tout, à commencer par leur cycle féminin. Après avoir lu ma théorie, beaucoup de femmes me disent: c’est tellement vrai. Chez l’homme, des sécrétions sont aussi pulsatiles, mais en l’absence d’ovulation, il n’y a pas cette magie chronobiologique. J’ai rarement des patients me disant que le temps passe trop vite ou qu’ils font en permanence des calculs de tout. Ils sont davantage dans l’instant présent. Leur organisation mentale n’est pas la même, ils anticipent différemment.

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