L'édito de la Rédaction

Un «merci» contre la charge mentale

 
02.11.17 - L'édito de la Rédaction - La «charge mentale». Tel serait le fléau des femmes modernes, dénoncé dans un buzz médiatique à la Rentrée en France.
L’idée est séduisante: même quand Monsieur s’implique pour aider aux tâches ménagères, ce serait toujours à Madame de les planifier, organiser et prévoir. A tel point que, si elle fait moins la vaisselle ou la lessive, elle aurait constamment son cerveau «occupé» par cette charge mentale: veiller à ce que ces tâches, même déléguées, soient bien réalisées. La phrase qui leur serait alors le plus insupportable de la part de Monsieur serait: «Mais tu n’avais qu’à me demander!» En sourdine, Madame bougonne: «Ben, tu n’avais qu’à y penser...»

Un match de ping-pong sur ce sujet, entre militantes revendicatives et messieurs offusqués, n’est rien d’autre que stérile et contre-productif. La charge mentale existe bel et bien, et Madame en assume une grande part. Mais Monsieur en a une aussi, que l’on passe trop souvent sous silence. Même dans un foyer où les tâches sont réparties de façon la plus traditionnelle possible - elle à la maison et lui au travail - ce dernier n’est pas exempt de «charge mentale». Qui s’occupe des travaux du jardin, qui pense au niveau d’huile de la voiture, qui répare les bugs informatiques? Peut-être est-ce jugé insuffisant, mais ayons l’honnêteté de reconnaître que ce n’est pas inexistant.

Et si l’on creuse encore, d’autres acteurs de la vie familiale sont aussi soumis à une charge mentale parfois intense, trop souvent ignorée: les enfants! Eux aussi ont des soucis, des poids qui les tracassent et que les «grands» ne prennent pas au sérieux, des agendas surchargés, des «devoirs», souvent implicites, qui les empêchent de connaître une véritable enfance, faite d’insouciance et de légèreté.

Au lieu de se renvoyer à la figure la balle des «tu-aurais-dû-tu-aurais-pu», au sein du couple et dans les relations parents & enfants, sachons reconnaître, apprécier et valoriser ce que chacun fait. «Merci d’avoir mis la table», «merci d’avoir pensé à sortir la poubelle». Des petits riens qui font une grande différence. Et sachons demander de l’aide, en confiance, pour ce qui nous dépasse. «Je ne m’en sors pas avec les rendez-vous chez l’orthophoniste», «je croule sous les feuilles mortes à ramasser». Sous le poids de la charge mentale, deux petits mots tout simples peuvent nous sauver. Merci. S’il te plaît. Les deux ensemble font des miracles.

Marie Lefebvre-Billiez, éditorialiste

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