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Un ventre prêté pour notre bébé

Un ventre prêté pour notre bébé
 
02.11.17 - Faire appel à une mère porteuse pour avoir un enfant, un sujet qui fait débat en ce moment en Europe et dans le monde. Réflexion.
Atteinte d'une malformation, Sylvie ne peut pas porter d'enfant. Mais comme ses ovaires fonctionnent, son mari et elle ont d'abord essayé la fécondation in vitro. Sans succès. Ils ont alors eu recours à un don d'ovocyte puis à une «gestatrice» pour porter leur enfant.
A l'instar de Sylvie et Dominique, des couples confrontés à l'infertilité peuvent être tentés par la «Gestation pour autrui» (GPA). Quel regard poser sur cette démarche, interdite en France et en Suisse mais tolérée en Belgique?

Les bonnes questions à se poser
«La question que tout couple devrait se poser face à la GPA est celle-ci: est-ce juste? Désirer un enfant est légitime mais cela justifie-t-il d'en avoir un par n'importe quel moyen?», interroge Luc Olekhnovitch, président de la Commission d'éthique protestante évangélique.

Pour Alix Franceschi, psychothérapeute au sein du groupe hospitalier des Diaconesses St-Simon (Paris), la première chose à faire est de sonder le pourquoi de cet intérêt: «Quand on est tenté, c'est qu'on pourrait faire autrement», souligne la psychothérapeute.
Et d'ajouter que pour le corps médical, avoir recours à la GPA est recevable lorsque l'utérus de la femme n'est pas en bonne santé.

«Dans ce cas, la mère porteuse est une sorte de "femme-médicament" qui permet de contourner l'obstacle levé sur le chemin de la maternité.» L'autre cas de figure est quand l'infertilité découle d'une homosexualité masculine. «Dans ce cas, passer par le corps d'une femme est considéré comme une sorte de marchandisation du corps féminin», analyse Alix Franceschi.

La notion de mère
La conception du couple sur ce qu'est une mère entre aussi en ligne de compte. Luc Olekhnovitch juge l'expression «Gestation pour autrui» dépersonnalisante et malhonnête et lui préfère celle de «mère porteuse», plus proche de la réalité. Selon ses convictions chrétiennes, la mère est en effet celle qui porte l'enfant dans son corps. Alix Franceschi
estime pour sa part que la mère est celle qui élève l'enfant car prendre soin de l'enfant d'une autre femme est une situation qui pourrait arriver de manière naturelle: «On peut être les vrais parents d'un enfant que l'on n'a pas porté.
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Quelles conséquences pour l'enfant?

Pour la psychothérapeute, cela dépend de la façon dont la mère va vivre les choses, selon son positionnement par rapport à la femme porteuse: «L'enfant n'aura pas de problème si les parents n'en ont pas. La mère doit être convaincue qu'elle est la mère.» Quand les parents expliqueront les choses à l'enfant, cela suscitera des questions chez lui.
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