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Faut-il tout lui dire?

© Istock
C’est l’âge des «pourquoi?», du matin au soir. Quelques règles simples pour répondre.
David Métreau

«Pourquoiiii?» Entre trois et quatre ans généralement et souvent jusqu’à cinq ou six ans, l’enfant vit son âge du «pourquoi?» Son langage devient plus fluide et il se pose de nombreuses questions. Cela peut être une source d’agacement, mais parfois d’inquiétude pour les parents. Faut-il répondre à tout? Faut-il tout dire, y compris quand il s’agit de questions sensibles telles que la mort, la séparation et la sexualité? Ou plus légères comme la non-existence du Père Noël?

Des choses vraies, des mots simples
«A chaque famille de trouver son équilibre», déclare Christine Brunet, psychologue clinicienne et psychothérapeute qui reçoit des enfants, des adolescents et des adultes en consultation. «Il est important de dire les choses vraies avec des mots simples». Pour aborder la question douloureuse du décès d’un grand-père, par exemple, la thérapeute suggère de ne pas éluder la réalité. «Je préfère dire: “Il a fini sa vie”, “il est mort”, plutôt que “il est parti” ou “il est monté au ciel”. Dans ce dernier cas, il est préférable de préciser que c’est son cœur qui est monté au ciel. Il faut mettre les mots exacts et rassurer l’enfant.»

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Rester disponible
Face aux questions de cet «âge du pourquoi?», Christine Brunet insiste sur la nécessité des parents de se rendre disponible pour y répondre, avec bienveillance.
Si le moment n’est pas opportun, la discussion peut être remise à plus tard et c’est au parent de revenir sur le sujet. «Cela contribue au développement de l’enfant de répondre à toutes ces questions», assure Christine Brunet. Et si la formulation n’est pas bonne, le parent la reprend et corrige d’éventuelles fausses idées que son enfant aurait pu entendre dans la rue ou la cour d’école.

Questions intimes
Sur la question de la sexualité, le discours doit être adapté à l’âge de l’enfant. «C’est important d’en parler, mais que ce soit dit dans l’intimité», indique la psychologue. Elle propose que ce soit d’abord au père d’aborder ces questions avec son fils et à la mère avec sa fille. «Encore une fois, il faut trouver les mots appropriés, accepter de se tromper et de revenir plus tard vers l’enfant. Quand l’enfant est jeune, il n’est pas forcément nécessaire de lui parler très longtemps», rassure celle qui est mère de quatre enfants adultes et plusieurs fois grand-mère.
Des livres peuvent aider à trouver les bons mots, conseille encore la thérapeute. «Que ce soit sur les thématiques du deuil, de la sexualité, du handicap ou du divorce, c’est important que le parent puisse lire le livre avant de l’ouvrir avec son enfant pour qu’il vérifie si les mots sont adaptés à sa situation.»

«Le père noël n’existe pas? chut, c’est un secret»
Enfin, sur la question plus légère mais parfois délicate du Père Noël, Christine Brunet suggère aux parents qui le souhaitent de dire à leurs enfants qu’il n’existe pas, mais en lui suggérant de ne rien dire aux autres («c’est un secret entre nous») afin de ne pas les perturber. «Certains enfants peuvent se sentir trahis de découvrir que le Père Noël n’existe pas et ont l’impression qu’on leur a menti. C’est aux parents d’expliquer que ce n’est pas un mensonge, mais une histoire inventée qui contribue à rendre Noël aussi particulier, et qu’ils recevront quand même leurs cadeaux», propose la psychothérapeute.

David Métreau

Magazine Family

Article tiré du numéro Family 4/19 Novembre 2019 – Janvier 2020

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