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Denis Mukwege: «ce que je dois à mon père et à mon épouse»

Denis Mukwege: «ce que je dois à mon père et à mon épouse»
 
31.01.20 - Le gynécologue congolais, Prix Nobel de la paix en 2018, évoque son combat contre le viol comme arme de guerre, pour lequel sa tête est mise à prix. Sa famille, des valeurs fortes, un ancrage dans la foi et le service du prochain lui permettent de tenir bon.
Le docteur Denis Mukwege est engagé depuis vingt ans pour «réparer» et défendre les femmes victimes de viol. Sa vocation, il la doit à son père et la poursuite de son engagement, au soutien de sa femme Madeleine. L’héritage qu’il souhaite transmettre à ses cinq enfants adultes et à ses petits-enfants est résumé dans une citation de Gandhi: «Ma vie est mon message.»
Un docteur qui s’identifie
«Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme, chaque mère violée, je l’identifie à ma mère et chaque enfant violé, je l’identifie à mes enfants», déclarait Denis Mukwege en septembre 2012, à New York. Il venait se faire porte-voix des milliers de femmes victimes de viol dans l’est de la République Démocratique du Congo. Un conflit pour le contrôle de sols riches en métaux rares y a fait des millions de morts et le viol y a été employé massivement comme arme de guerre. En prenant la parole à la tribune des Nations Unies, le gynécologue savait les risques qu’il prenait pour lui même et pour sa famille.

Il décline une première invitation à s’adresser aux Nations Unies
En effet, en 2011, Denis Mukwege avait été convié une première fois par le Secrétaire général de l’ONU pour parler de la situation de ces femmes victimes de viols.
«J’étais à New York pour donner ma conférence et le ministre de la Santé de mon pays m’avait invité dans son hôtel pour s’entretenir avec moi et m’interdire de parler de cette question devant les Nations Unies, sinon je me mettais en danger ainsi que ma famille», relate-t-il. «Mes enfants et mon épouse étaient au Congo.
Après réflexion, je ne pouvais prendre un tel risque pour eux. Qu’est qui va leur arriver? C’était une menace ouverte. J’ai renoncé.»
L’occasion se représente l’année d’après et le gynécologue la saisit, cette fois. «Le viol déstructure notre société; c’est une arme qui est utilisée pour détruire, humilier, et gagner une guerre», déclare Denis Mukwege, lequel plaide pour la protection et la justice pour toutes les victimes: essentiellement des femmes et des enfants.

Accueilli avec des balles
Un mois après son discours, rentré en RDC, cinq personnes attendaient «l’homme qui répare les femmes», lourdement armés. «Ils avaient pris mes filles en otage.
(...)
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