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Comment j’ai été chocolat

Retrouvez la chronique de Myriam Demierre

Oscar avait un besoin urgent de matériel d’école. Nous sommes donc descendus en ville lors de la pause de midi. Et pour fêter ça, nous sommes allés manger au restaurant du centre commercial. Oscar n’était pas très content que je l’oblige à prendre un menu enfant : «T’as vu, maman, comme les escalopes de poulet sont toute petites ? Et puis c’est jusqu’à 12 ans. Je suis trop grand pour ça, maintenant.»
Mais j’ai tenu bon ! A trois mois près, il avait encore droit au fameux menu enfant, je n’allais pas me ruiner trois mois à l’avance : «Avec ça, tu as droit à un dessert et une boisson ! Ce n’est pas rien, quand même.»
Oscar obtempère donc, bon gré mal gré, et remplit son assiette jusqu’à ce qu’elle déborde. A table, nous nous délectons. Lui de son repas, moi de cet instant (trop rare) de promiscuité et de partage avec mon petit dernier. Quand soudain :
– Maman, j’ai trop !
– C’est la meilleure ! Je croyais que tu voulais un menu adulte, et maintenant tu as trop avec le menu enfant ?
– Ben oui, j’ai trop.
Désireuse d’éviter toute altercation, pas vraiment indispensable dans un lieu public, je lâche donc, dans un immense soupir : «Bon, passe-moi ton assiette, je vais la finir». Car, c’est bien connu, il faut toujours montrer ce pieux exemple aux enfants, en ne laissant jamais rien dans son assiette, alors qu’il y a tant de monde qui meurt de faim.
Quant j’arrive au bout, je lance à Oscar :
– Bon, alors on y va !
– Ben et mon dessert, maman ? J’avais droit à un dessert, avec mon menu !
– Ah oui c’est juste, j’avais oublié, il y a encore ça. Bon, vite
Et c’est là que notre voisine de table, avec laquelle nous avions échangé des propos fort sympathiques, se tourne vers moi, l’air amusé : «Il n’a plus faim pour son repas, mais il a encore faim pour un dessert ?»
Mince alors ! Je n’y avais même pas fait attention, et force m’a été de constater que, sur ce coup-là, Oscar m’avait bien eue. Lorsque le petit gars est revenu s’asseoir, en portant fièrement sa boule de glace au chocolat, je l’ai titillé un peu : «C’est moi qui devrais la manger, cette boule de glace, puisque j’ai fini ton assiette !»
Et lui, de me regarder d’un air espiègle, et de m’expliquer, à force de grandes gesticulations : «Mais maman, tu n’as rien compris à mon fonctionnement : du côté gauche, il y a le salé, et c’est plein à ras bord ; et du côté droit, il y a le sucré, et là c’est tout vide !»

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