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Son mari était alcoolique: une épreuve vécue en famille

© iStockphoto
Caroline a connu la souffrance de vivre avec un mari alcoolique. Elle a choisi de raconter dans Family cette longue traversée qu’a parcourue sa famille. Témoignage.

«Quand j’ai rencontré Christian, il aimait bien boire un verre. Petit à petit, bière après bière, la dépendance s’est installée. Après quelques années de mariage, j’ai commencé à voir un changement en lui. Il s’est mis à boire de plus en plus. Comme il buvait régulièrement de la bière au fil de la journée, il n’était jamais complètement soûl. Son attitude avait changé. Il avait une autre manière de s’exprimer, paraissait avoir beaucoup d’assurance, parlait fort. Je n’aimais pas ce que je lisais dans les yeux de mes enfants, alors adolescents, lorsque mon mari leur parlait. J’y voyais de l’incrédulité. “Oui, oui”, lui répondaient-ils évasivement.
Pour que la bouteille se termine plus rapidement, j’ai commencé à boire un verre de vin à table même si je n’en avais pas envie. J’ai vidé plusieurs fois la fin des bouteilles dans l’évier. Lorsque nous partions en vacances, j’étais horrifiée du nombre de bouteilles de bière qu’il buvait. En effet, je voyais les “cadavres” s’empiler alors qu’à la maison, ce n’était pas le cas.
Un jour, j’ai dû accepter l’évidence, mon mari était alcoolique. C’était difficile à accepter et à vivre. J’essayais de cacher cela à notre entourage, j’avais honte. J’étais dans la codépendance. Je faisais comme si tout allait bien.
Un été, nous sommes partis en vacances avec un ami. Il avait l’habitude de côtoyer des personnes alcooliques et a compris la situation. Il a discuté avec Christian, qui a eu une réaction assez violente. Après la colère, il y a eu le déni.
Le même scénario se répétait chaque fois que je lui parlais de son alcoolisme. Il se fâchait, niait et partait dans son bureau. J’ai même menacé de le quitter. Un jour, alors que nous allions partir pour un week-end en amoureux, il m’a dit qu’il allait me prouver qu’il n’était pas dépendant de l’alcool et qu’il n’en boirait pas une goutte pendant deux jours, ce qu’il a réussi à faire. Il a donc été conforté dans l’idée qu’il n’avait aucune dépendance à l’alcool et que je m’inquiétais pour rien.
Par la suite, je voyais bien qu’il mangeait de moins en moins. Cela me rongeait. Durant ces années, j’ai beaucoup prié et j’en suis arrivée à demander à Dieu de faire “tomber” Christian afin qu’il puisse s’en sortir. En mars 2007, le lendemain matin d’une belle fête de famille où il n’avait volontairement pas bu d’alcool, il a fait un malaise. Il n’avait plus d’équilibre et était nauséeux. La nuit suivante, il était angoissé et a eu du mal à s’endormir. Il paraissait effrayé. J’ai commencé à me faire du souci pour lui. Pendant la nuit, il m’a réveillée en criant et en me frappant car il pensait que j’étais une bête avec des tentacules qui voulait lui faire du mal. Il voyait également de gros insectes sur nos rideaux. Je l’ai emmené à l’hôpital en pensant avec effroi qu’il avait peut-être une tumeur au cerveau. Mais en chemin, alors qu’il prétendait voir des essaims de mouches passer sur le pare-brise, j’ai réalisé qu’il avait des hallucinations et qu’il était en plein delirium tremens. Cela s’est confirmé à l’hôpital. Il y est resté neuf jours, une période où il est passé par plusieurs phases très difficiles.

Dossier: Spiritualité
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