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Elle veut laisser tomber ses études, que faire?

© Istockphoto
Un jeune qui veut décrocher, c’est «le» cauchemar des parents d’étudiants. Que faire? Accepter? Discuter et insister? Jusqu’où? Entretien avec Aurélia Kauffmann, responsable du Parcours Tremplin de l’Institut de formation IFFEurope à Angers.
Sylvie Barth

«Chérie, Léa m’a appelé. Il y a un souci.» «Quoi, Quentin l’a quittée? Elle a eu un accident?» «Non, non, elle veut arrêter l’école.»
Avant de paniquer, quelles sont les solutions qu’un parent peut offrir à son jeune qui «décroche»? Aurélia Kauffmann, responsable du parcours Tremplin, Fondacio, destiné aux jeunes de 18 à 25 ans en décrochage scolaire, répond aux parents.

Y a-t-il un profil type de jeunes adultes décrocheurs?
Il n’y en a pas: en fait, un étudiant sur quatre interrompt son cycle d’études. On est loin d’être devant des dilettants, des inadaptés, sinon des paresseux, non. Beaucoup d’éléments joueront un rôle: les matières, les méthodes et les exigences des cycles d’études supérieures.

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On évoque souvent la sélection…
Force est de reconnaître que cela devient parfois plus dur. Quand les enseignants répètent: «Regardez votre voisin: un seul d’entre vous passera son année!», il y a de quoi se décourager. Tout le monde n’a pas l’esprit de compétition.

La séparation d’avec les parents fait-elle partie du problème?
Oui effectivement, la question vient également pointer la capacité des étudiants à s’intégrer loin du foyer familial. Le métier envisagé et la réalité du terrain entrent également aussi en ligne de compte. Les informations glanées à ce sujet comme les expériences vécues ou rapportées peuvent faire réfléchir à deux fois.

Quels sont les autres paramètres à considérer face aux hésitations de l’étudiant?
Le choix de poursuivre telles ou telles études est une question fondamentale. Elles peuvent avoir été retenues sur un coup de tête. L’étudiant peut s’être engagé par imitation, par obéissance aux parents ou par défaut, parce qu’il y avait de la place ou face à la pression de l’échéance. D’où le suivi proposé par bien des universités, confié à des conseillers qui proposent volontiers des ateliers sur la connaissance de soi et la connaissance des filières.

Quels sont les bénéfices d’un parcours comme celui de Tremplin?
Le but est d’aider le jeune à retrouver de la confiance et à discerner sa voie dans un cadre sécurisé. On a le droit d’hésiter, de chercher et d’expérimenter. On peut souvent emprunter plusieurs voies avant d’arriver à un objectif.

Peut-on prévenir le décrochage?
Il n’y a aucune recette miracle… Mais il est très utile, dès 12-15 ans, d’échanger avec son enfant sur son propre métier et de partager ce que l’on aime dans son travail. Durant les années d’orientation, pourquoi ne pas réaliser des stages, assister à des cours, rencontrer des étudiants et des professionnels pour réduire la pression. Il est bon de se constituer un éventail des possibles. Parfois, cela vaut vraiment le coup de s’arrêter pour mieux repartir. Un chemin est toujours possible!

Propos recueillis par Sylvie Barth

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