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On affiche nos petits…mais sont-ils d’accord ?

© Istock
Nombreux sont les parents qui n’hésitent pas à publier des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux et ce, parfois dès la naissance. Les enjeux de cette pratique touchent à l’identité numérique des enfants, mais interrogent aussi les habitudes des parents.
Joëlle Misson

Aujourd’hui, la technologie fait partie de notre vie. Nous avons tendance à tout photographier et à diffuser sans avoir en tête le choix de l’enfant et son souhait, plus tard, «de voir une image publiée sur Internet.» Tiziana Bellucci est directrice générale de l’ONG genevoise Action Innocence. Elle ne prétend pas vouloir dicter aux parents leur conduite, ni même interdire une pratique, mais invite plutôt à la réflexion. «Nous avons la responsabilité de nous interroger. Si j’ai envie de montrer cette photo aujourd’hui, est-ce que mon enfant l’assumera plus tard?»
En publiant des photos de nos enfants sur les réseaux sociaux, nous leur créons une identité numérique qu’ils ne veulent pas forcément, qu’ils ne choisissent ni ne maîtrisent, mais qui leur appartiendra tout de même. Une photo peut toujours être supprimée, mais puisque les captures d’écran sont faciles et courantes, rendre une image publique représente toujours une perte de contrôle sur sa diffusion.

WHATSAPP, UN FAUX AMI?

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«Moi, je ne publie jamais de photos de mes enfants sur les réseaux sociaux. Je les envoie uniquement à mes proches via Whatsapp», pouvons-nous être tentés de rétorquer. Avec la publication d’images en ligne, les craintes s’orientent facilement vers d’éventuels prédateurs sexuels. «Mais la majorité du temps, les impairs se commettent dans le cercle des proches», note Tiziana Bellucci. Elle met en garde contre le faux ami que semble être l’application possédée par Face- book. Sur Whatsapp, l’enregistrement automatique des photos est bien souvent activé. Les photos se transmettent rapidement et peuvent vite atterrir dans les téléphones de personnes que nous ne connaissons même pas.

MONTRER L’EXEMPLE

Faut-il soupçonner tout le monde et ne plus rien partager? Sûrement pas. Mais cela n’empêche pas de prendre le temps de réfléchir à nos pratiques, sur lesquelles nos enfants prendront exemple. C’est pourquoi la clé réside, selon Tiziana Bellucci, dans le respect de l’enfant, de son souhait et de son droit à l’image. Ainsi, dès que l’enfant commence à s’intéresser au téléphone de ses parents, et généralement dès l’acquisition du langage (deux à trois ans), il est déjà capable de donner son avis sur une image. Ce que la directrice de l’ONG préconise: prendre l’habitude de lui montrer la photo, de lui demander s’il l’apprécie ou non, et s’il est d’accord que nous l’envoyions à Papi et Mamie. En agissant ainsi, le bénéfice est double: l’enfant apprend à juger une image et son souhait de la voir diffusée ou non, mais surtout, «il intègre le réflexe de prendre en compte l’avis de l’autre, de lui demander la permission de diffuser, et le gardera quand il grandira et se familiarisera avec les réseaux».

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