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Transmettre l’amour d’un métier

© Istockphoto
Fini le temps où les métiers se transmettait de père en fils. Aujourd’hui, les enfants sont libres de choisir leur profession. Mais cela n’exclut pas l’influence des parents dans ce choix.
Charlotte Moulin

Guillaume n’a pas fait exprès. «Quand Samuel était petit, il venait tout le temps regarder mon ordinateur par-dessus mon épaule. J’ai commencé à lui expliquer certains points et il n’a jamais plus décroché de l’informatique.» Aujourd’hui, Samuel a 18 ans et se forme dans cette filière, comme son père. Démarrer son PC est l’une des premières choses qu’il fait après son réveil. «Certains matins, il arrive et pose son ordinateur sur la table en me questionnant sur une manipulation. Sans même me dire bonjour! Je passe l’éponge», sourit Guillaume. «Après tout, c’est moi qui lui ai donné les bases.»

Des intérêts qui naissent tôt

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«Depuis tout petit, les enfants sont déjà imprégnés de ce qui les entoure: les livres à la maison, les activités sportives, les sorties culturelles, etc.», explique Louise, éducatrice à Paris. Selon elle, il est nécessaire d’interroger ce qui peut les motiver aussi hors de la culture familiale.
Tandis que Laurent et son épouse travaillent tous deux dans la communication, aucun de leurs trois enfants ne s’est intéressé à ce domaine d’activité. «J’ai surtout appris l’importance d’être à leur écoute, d’identifier et d’encourager leurs talents et de les soutenir dans leurs choix de stages et d’exploration de métiers», explique-t-il. «L’offre est théoriquement tellement vaste. Mais ce n’est pas toujours simple pour eux d’identifier ce pour quoi ils sont doués.»

Des centres d’intérêts, voire des passions, peuvent également naître dans des activités extra-scolaires quand ils sont plus jeunes. Pendant plus de dix ans, Elise en a proposé tout un éventail à sa fille, ayant dû elle-même renoncer au métier de ses rêves: institutrice. «Je voulais qu’elle fasse un travail qu’elle aime, pas comme moi. Donc, je lui ai répété que si elle travaillait bien à l’école, elle allait pouvoir faire le métier de son choix, peu importe lequel.»
Précisément, poursuit Louise, «l’influence vient aussi de la vision que les parents ont de leur propre travail, s’ils l’aiment ou si, à l’inverse, il s’agit juste d’un gagne-pain. On peut dans ce cas offrir quand même une vision positive de l’activité professionnelle, en transmettant le fait qu’un métier peut être passionnant».

Souvent, la décision pour un domaine d’activité ou un autre se construit progressivement avec plusieurs changements de cap, à mesure que les enfants approfondissent leurs goûts et expérimentent ce qui pourrait leur plaire. Arrivée en fin de cursus secondaire sans conviction, la fille d’Elise a opté pour des études d’histoire hésitant entre deux filières qui l’amèneraient, l’une comme l’autre, à poursuivre un CAP (ou CFC). «Ces cursus sont diplômants à court terme, mais dans une seule activité précise. Elle préfère prendre une année de réflexion dans un cursus général plutôt que de s’engager tout de suite», conclut-elle, patiente.

Dossier: Vie professionnelle, vie familiale: équilibre ou équilibrisme?
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