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Solo: trouver l’équilibre boulot-famille

© Istockphoto
Pas facile de conjuguer travail et famille. Encore moins lorsqu’on est parent solo.
Christian Willi

«Une semaine sur deux, je vis pour moi et j’assure un maximum d’engagements professionnels, extra-professionnels et extra-familiaux. La suivante, je gère l’agenda de mes enfants et assure la logistique familiale», témoigne Didier, père de deux enfants et divorcé depuis trois ans. Par chance, son employeur pratique un horaire de travail flexible. Dans la mesure où le volume de travail le permet, il travaille plus une semaine et moins la suivante. Mais trouver un bon équilibre entre vie professionnelle, vie familiale et vie sociale est compliqué. Un des défis de Didier, c’est de dégager du temps pour lui-même, pour se ressourcer. «La semaine où je travaille beaucoup, je rentre fatigué. Je n’ai plus l’énergie d’entreprendre une activité sportive ou de lire un bon bouquin. J’ai tendance à procrastiner durant la fin de la soirée. Et quand les enfants sont à la maison, j’ai l’impression de n’avoir pas une minute pour moi.»

Anticiper et planifier

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Laurence était dans la même situation. Maman solo une semaine sur deux, avec un travail à plein temps, elle ne trouvait pas non plus son compte. Elle a cherché de l’aide auprès d’une conseillère familiale. «La vie de parent solo reste la vie de parent solo. Tout repose sur les épaules d’un parent. Il n’y a pas moyen de s’arranger avec le conjoint pour faire face aux nombreux imprévus que le quotidien réserve.»

Toujours est-il que Laurence a mis en place plusieurs principes qui l’ont aidée. Premièrement, elle s’est disciplinée à planifier ses semaines solo et ses semaines parentales. Dans cet exercice, elle a identifié ses besoins personnels. «J’avais besoin de faire du sport. Mais lorsque les enfants étaient à la maison, je ne trouvais pas l’espace. Et quand j’étais seule, je mettais la priorité sur le travail et quelques sorties. J’ai donc décidé d’aller courir une heure durant ma pause de midi, deux fois par semaine. Cela n’empiète pas sur ma vie de famille et ne rallonge qu’un tout petit peu ma journée de travail.» Le week-end, elle se lève une fois avant les enfants pour chausser ses baskets.

Deuxième principe que la mère de famille a adopté: planifier les repas et les achats. «Au lieu de courir chaque jour ou presque au supermarché, je me suis mise à anticiper, prévoir. Cela a supprimé une dose de stress et m’a fait gagner du temps. Je planifie les repas une fois par semaine, soit en associant mon aînée de treize ans, soit en fin de soirée quand les enfants sont couchés et que la maisonnée a retrouvé le silence.»

Enfin, Laurence a initié ses enfants aux tâches ménagères, en fonction de leur âge. Passer l’aspirateur, nettoyer le lavabo et les toilettes, dresser et débarrasser la table, vider le lave-vaisselle ou trier le linge après la lessive. «Cela demande du coaching au départ, mais crée un peu d’espace une fois que tout le monde a pris ses marques.»

Des solutions plus onéreuses

Ce qui a le plus amélioré l’équilibre de Joëlle, c’est quand elle a décidé de faire appel à des professionnels pour la garde de ses enfants en bas âge. Fini les trajets aller-retour chez les grands-parents, les coupures dans la journée pour s’adapter aux horaires de ces derniers et les enjeux émotionnels. «Les professionnels sont là pour s’occuper des enfants, les enfants le vivent bien et c’est pratique.» Mais il faut pouvoir se permettre ces coûts supplémentaires.

De son côté, Laurence a longtemps hésité à réduire son temps de travail pour gagner en qualité de vie. Mais financièrement, c’était impossible. En revanche, elle a décidé de limiter pour l’instant ses ambitions et envies de promotion. «La vie est faite de choix. J’aime mon travail, mais ma priorité actuelle, c’est d’offrir à mes enfants une mère disponible, intentionnelle et un brin épanouie.»

Créer de bonnes habitudes

Évidemment, il n’y a pas de recette universelle pour atteindre le parfait équilibre. Chacune et chacun a sa façon de se ressourcer. Laurence et Didier ont tous deux compris que la prise de conscience était une première étape essentielle. Mais, pour la mère de famille, on ne peut atteindre ce à quoi on aspire sans intention et discipline. Ce n’est pas James Clear et son ouvrage à succès Atomic Habits (éd. Random) qui va la contredire. Il pose la question: quelles habitudes devrions-nous développer afin de devenir la personne que nous souhaitons être? Atteindre un meilleur équilibre entre vie professionnelle, familiale et sociale serait donc aussi une question d’habitudes? Il faut environ 2 mois pour créer une nouvelle habitude, alors autant commencer tout de suite!

Dossier: Vie professionnelle, vie familiale: équilibre ou équilibrisme?
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