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Mon enfant se compare tout le temps

Mon enfant se compare tout le temps
 
02.11.17 - De la taille de son cartable jusqu’à la couleur de ses chaussettes, un enfant est capable de tout mettre en jeu. La comparaison, un besoin normal ou un dysfonctionnement?
Mon enfant se compare! C’est épuisant! Nadia est interrogative: son fiston de sept ans compare de plus en plus ses résultats scolaires, ses jouets ou ses réussites sportives à ceux de ses copains. Est-ce grave docteur? Le point de vue d’Agnès Laucher, psychologue et auteure de L’art d’être parents, l’enjeu des six premières années (éd. Empreinte).


Se comparer pour se construire
«Se comparer aux autres arrive à tout le monde», rassure Agnès Laucher. En ce qui concerne l’enfant, «il est normal qu’il soit influencé par les gens qui l’entourent car il apprend beaucoup par imitation. Cela fait partie d’un processus sain qui lui permet d’évoluer», note la psychologue. La comparaison sociale permet donc à l’enfant de se différencier d’avec ses pairs: «En observant son entourage, il construit en bonne partie son identité qui se fonde sur ce qui le rapproche avec ses pairs mais aussi sur ce qui l’en différencie. La comparaison n’est donc pas forcément négative.» Par exemple, comparer ses performances à celles de ses camarades donne une valeur aux siennes et le rassure.

La comparaison subie
Bien que la comparaison sociale s’avère utile, elle peut aussi être négative si elle fait partie intégrante des comportements de l’enfant ou s’il la subit. Cela peut être le cas si un de ses camarades se vante de ses meilleures notes: «Si l’enfant sait que ses parents attachent de l’importance aux résultats scolaires, l’image qu’il aura de lui-même risque d’être menacée. Pour se protéger, il peut mettre en place des stratégies de contre-attaque pour préserver son estime de soi», relève Agnès Laucher. Cela peut être des justifications (l’autre est favorisé) ou des tentatives de décrédibilisation de l’autre pour se rassurer.

«L’exercice de la comparaison risque de susciter des souffrances, de fausser son raisonnement sur soi/l’autre et d’entraver les relations sociales entre pairs», analyse alors Agnès Laucher. A quel moment s’inquiéter? Tant que la comparaison ne gâche pas ses relations, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. «Cependant, si votre enfant est influencé d’une manière qui ne corresponde pas à vos valeurs, ou s’il semble perdre sa liberté de penser ou agir à sa guise, il est préférable d’en parler pour le rendre attentif aux conséquences», suggère Agnès Laucher.

«Lorsque vous le questionnez sur ses relations et les activités qu’il fait avec ses amis, vous l’aidez à comprendre ce qui lui plaît ou non. De plus, en repérant mieux ce qu’il apprécie chez les autres, vous réaliserez ce qu’il croit sur lui, quels sont les mobiles et objets de comparaison importants pour lui», ajoute la spécialiste.

Discussions
Autre conseil de la psychologue: discutez avec votre enfant des disputes qui surviennent à école; ce sont souvent des conflits de valeurs ou de pouvoir qui dérivent des comparaisons entre enfants. Pour faire face à la comparaison, encourager l’enfant à s’affirmer (en lui donnant l’occasion de faire des choix) et l’aider à acquérir une bonne confiance en lui est également fondamental.

Sandrine Roulet

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Illustration/Photo: © iStockphoto
 
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Trois besoins qui expliquent la comparaison

L’auto-évaluation:
L’enfant éprouve le besoin de situer ses aptitudes et opinions par rapport à ceux qui lui ressemblent.

Le rehaussement:
Pour conserver une image positive de lui, l’enfant se comparera avec quelqu’un d’un peu moins doué dans un domaine spécifique. C’est la comparaison descendante.

L’amélioration:
L’enfant peut aussi se comparer avec un pair qu’il perçoit comme meilleur. C’est la comparaison ascendante, qui le conduira à s’améliorer.

 

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