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Faire l’école buissonnière pour de vrai, grâce au Covid!

Au printemps dernier, la famille Boyer a été impliquée dans un projet original: celui d’une école éphémère dans la forêt. L’expérience, née d’une contrainte, est devenue une belle aventure en famille, riche de leçons. Témoignage.
David Métreau

Sous l’ombre rassurante des chênes, une dizaine d’enfants de quatre à sept ans suivent leur classe en plein air, chacun à son bureau. Des tapis sont disposés par terre, sur les feuilles et l’humus. Les parents, qui ont pris la place des instituteurs, proposent des activités scolaires classiques - dictée, mathématiques - ou plus originales comme une démonstration de karaté ou une initiation à la philosophie. Dans la forêt d’Upie, l’école se vit au naturel. «C’est un mélange de débrouille et de bonne volonté», résume Damien Boyer, un parent de l’un des élèves.

En réponse à un manque d’effectifs

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Pourquoi une telle initiative? Lors du déconfinement, au mois de mai dernier, l’école municipale du village drômois de Montmeyran n’a pas rouvert. Le maire a alors évoqué un manque d’effectifs pour respecter les consignes sanitaires et la configuration de l’école peu adaptée à la distanciation sociale. Pour protester contre cette situation considérée comme «injuste», un collectif de parents s’est monté à l’initiative de Damien et Florence Boyer, parents de trois enfants dont deux en âge de scolarité: «Nous avons vécu ce refus de rouvrir l’école comme une atteinte à un droit fondamental, celui de l’éducation», souligne Damien, producteur et réalisateur de documentaires engagés. «On nous a dit que tenir classe était impossible» - mot qu’il ne faut pas dire à cet aventurier à l’enthousiasme contagieux - «nous avons alors déclaré l’école ouverte, dans la forêt!»
Les chaises et les tables ont donc été transportées dans une parcelle de forêt, appartenant à la famille Boyer, le cadeau d’anniversaire de Florence pour ses quarante ans. L’expérience qui a duré près d’un mois et suscité l’intérêt de la presse nationale et internationale, jusqu’au Japon, a encouragé les parents «à proposer plus d’activités en plein air à leurs enfants», souligne Florence, pharmacienne en congé maternité. «Cette réflexion déjà présente chez nous n’a été que renforcée par le confinement et cette expérience d’école dans la forêt.»

Les bienfaits du grand air

Leurs enfants Leslie et Ian gardent un souvenir précieux de cette école éphémère en pleine nature, «où c’étaient les parents qui faisaient les maîtres et les maîtresses». Le grand air a ses vertus. «La forêt est un cadre apaisant pour les enfants. Ils étaient étonnement calmes, contents d’aller à l’école», témoigne Florence. «Cette expérience authentique, spontanée et solidaire a permis de fédérer les parents impliqués», poursuit Damien. Un bel élan que le couple d’anciens scouts entend poursuivre. L’idée germe de proposer des stages nature et pédagogie pour les enfants et leurs parents.
Confortés par leur aventure, Damien et Florence ont décidé d’inscrire leurs enfants dans une école alternative, près de chez eux, pour la rentrée scolaire. Celle-ci propose pour la première fois cette année, une à deux journées en plein air par semaine. Florence l’assure: «La nature reste un formidable terrain d’aventures et de découvertes.»

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