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Nous redécouvrons une sexualité de couple épanouie

© Istockphoto - DR
L’éloignement, la routine, le manque d’attention... Qu’est-ce qui empêche un couple d’avoir envie de faire l’amour? Olivier et Sonyth Huber (photo en médaillon) ont réalisé qu’ils s’étaient éloignés l’un de l’autre et ne répondaient plus à leurs besoins affectifs respectifs. Ils ont vécu un changement drastique qui a ravivé leur intimité sexuelle. Témoignage.

«Mais pourquoi c’est si compliqué?» Voilà la question que l’on s’est posé pendant nos quatorze premières années de mariage! Nous sommes un couple franco-américain et tous deux formateurs de métier. Nous nous sommes mariés en France en 2002 et sommes parents de trois filles.
Nous avons très vite découvert, lors de nos premières années de mariage, le fameux cercle vicieux qui peut parfois s’installer dans un couple, et qui se traduit à peu près ainsi:

– Oh ma chérie, que tu es belle!
– Non merci j’ai mal à la tête ce soir.
– Mais, est-ce que je peux te raconter ce qui m’est arrivé aujourd’hui?
– Je me lève tôt demain matin, j’ai besoin de dormir.

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Le sentiment d’être abandonnée

Quand nos deux premières filles avaient 2 et 3 ans, nous avions décidé de nous lancer dans la construction de notre maison. Je, Sonyth, n’avais aucune idée de l’ampleur de ce projet. Je rêvais de choisir la déco de ma cuisine mais après un an de travaux dans la sciure de bois et le froid humide d’un sous-sol où l’on vivait temporairement, le projet était toujours loin d’être terminé. Pendant deux longues années, lorsque Olivier n’était pas à son travail, il était sur le chantier de la maison. J’avais de plus en plus le sentiment d’être un parent seul, j’avais l’impression que mon mari m’avait abandonnée.

Un éloignement progressif

De mon côté (Olivier), j’avais beaucoup de stress et peu de temps pour à la fois gérer mon travail et le chantier. La famille n’était plus forcément une priorité et j’aurais voulu que Sonyth s’intéresse davantage à notre projet. Notre manque d’intimité ne faisait que m’encourager à m’investir encore plus dans mon travail et la construction durant toutes mes soirées, les week-ends et aussi durant les vacances. Ce fut une période de notre vie où l’on s’est progressivement éloignés l’un de l’autre, que ce soit dans l’intimité physique ou émotionnelle. Chacun de nous était en manque d’amour et avait le sentiment de vivre seul son stress et ses défis du quotidien.

Oser s’aimer différemment

Lors d’un séminaire sur la guérison des émotions, j’ai (Sonyth) découvert toute la colère que j’avais gardée bien enfermée à l’intérieur: colère envers mes parents au sujet des souffrances vécues dans l’enfance mais aussi colère envers mon mari au sujet de ce fossé que je ressentais entre nous. L’idée de nous séparer m’avait déjà traversé l’esprit; mais maintenant que je prenais progressivement conscience de cette colère à son égard, ce choix me semblait parfois la seule issue logique. J’étais attristée et frustrée car j’aspirais à une véritable union beaucoup plus profonde de corps, âme et esprit. Je me demandais souvent ce qui n’allait pas entre nous.
Durant cette même période, j’ai lu le livre Les langages de l’amour (éd. Farel), de Gary Chapman. L’auteur explique qu’il existe cinq manières, ou langages, par lesquels les humains expriment et reçoivent l’amour. En lisant ce livre, quelque chose a «fait clic» dans ma tête!
Par exemple, j’essayais d’aimer mon mari en lui préparant de bons petits plats, mais j’étais en train de découvrir que je lui parlais dans mon langage à moi et non le sien. J’étais donc trop haute de 10 centimètres. Plus sérieusement, j’apprends maintenant à parler son langage quotidiennement et c’est là qu’il se sent le plus aimé.

Des vases affectifs remplis

Et pour ma part (Olivier), mon «vase» affectif s’est peu à peu rempli d’amour, ce qui m’a aussi permis de rechercher et de pratiquer le langage d’amour principal de Sonyth. Pour elle, il s’agit d’actes de service au quotidien. En effet, laver la vaisselle ou préparer un repas lui parle davantage que des caresses. Et justement «quotidien» est un terme clé!
Il est bien connu qu’un homme qui montre des actes d’affection dès le matin à son épouse aura davantage de chances qu’elle lui fasse l’amour. Nous avons découvert avec le temps que le fait de remplir régulièrement nos vases affectifs respectifs nous emmenait à faire l’amour avec un grand A de plus en plus souvent, le soir ou à n’importe quel moment de la journée d’ailleurs! Nous avons beaucoup échangé sur la notion de faire l’amour. Cela s’est complété petit à petit, au fil de nos idées créatives et de nos lectures telles que Hourra pour le Va-Jay-Jay (éd. Printopya) de Rachel Miquel Dufour.
Nous avons fait le choix intentionnel que notre relation de couple soit une priorité dans nos vies, tant sur le plan émotionnel que sexuel.

Avant de faire l’amour, on prend une douche!

Nous avons travaillé à reconnaître nos différences et respecter l’autre même dans les détails. Par exemple, avant un moment d’intimité, se rappeler de prendre une douche rapide nous semble beaucoup plus important que d’allumer des bougies. Nous avons pris l’habitude de constamment mettre en mots ce que l’on ressent pour à la fois fonder une confiance mutuelle et éviter l’écueil de devoir deviner ce que pense l’autre.
Dans nos multiples recherches sur le sujet, le couple formé par Clifford et Joyce Penner sort du lot et résume très bien dans son livre Enjoy! (éd. Tyndale) ce cercle vertueux que l’on expérimente depuis plus de quatre ans. En guise de conclusion, voici un extrait dudit livre: «Le mari cherche de tout son cœur à connecter avec sa femme; elle se sent alors libre de s’ouvrir sexuellement; quand la femme se sent affirmée et comblée, cela libère sa passion; elle l’invite alors sexuellement; il se sent validé. Les deux sont heureux, c’est donc gagnant-gagnant!» 

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