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Un parent spirituel pour mieux grandir

© Istock
Il n’est pas nécessaire d’être père ou mère biologique pour se sentir parent. Nombreuses sont les richesses que l’on tire d’une paternité ou maternité spirituelle et ce, à tout âge. Un chemin sur lequel on s’engage naturellement, pour vivre une foi accompagnée.
Sylvie Barth

Dans la Bible, Jésus évoque sa relation intime avec son Père divin et invite les disciples à l’imiter dans une telle confiance en Dieu. Au sein de la communauté des Pères du désert, les nouveaux arrivés sollicitent les conseils de leurs aînés, dans le cadre de leur engagement de vie à suivre Christ. Un tel accompagnement est proposé dans les monastères de Palestine, du Mont Athos ou plus près de nous en Occident, à travers la pratique dite de la «paternité spirituelle».

SOI-MÊME VU, AIMÉ, APPELÉ ET RELEVÉ
«Il s’agit d’être dans l’ombre du Père et non de lui faire de l’ombre», explique Jean-Marc Liautaud, théologien de l’Université catholique de l’Ouest à Angers. «Quand Jésus appelle la femme atteinte d’une perte de sang “ma fille”, il désire la conduire au Père. Le Père spirituel, lorsqu’il est bien positionné, offre une bienfaisante influence qui a le souci de la liberté de l’autre, en qui l’Esprit œuvre déjà. Une approche semblable à celle d’un parent qui aide son enfant à quitter une dépendance.»
Pascal Michel, responsable du centre spirituel de l’Esvière, confie l’expérience inédite «d’avoir été vu, aimé, appelé, relevé. On a posé sur moi un regard qui espérait en moi et qui me faisait confiance, même dans mes tâtonnements et mes failles.» Il a ainsi marché dans le sillage de ces hommes qui ont participé à sa naissance qu’il a ensuite mise au bénéfice d’autres personnes. «C’est venu en moi comme une attitude naturelle dont j’ai pris conscience. J’ai été amené à accueillir des mots et des attitudes qui m’ont fait grandir.»

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TOUT LE MONDE PEUT DEVENIR PARENT
Devant qui peut-on venir avec sa vie, ses élans, mais aussi son jugement sur soi-même, afin de cheminer? Les profils sont variés: hommes, femmes, des plus jeunes aux plus âgés d’entre nous. La bibliste Anne-Marie Pelletier, en est témoin: «Dieu n’est dans aucun de ces rôles paternels et maternels, ce qui permet de déjouer les pièges de l’identification idolâtrique», qui peut parfois s’insinuer dans un dirigisme autoritaire voire un maternage contrôlant. Florence Munar, visiteuse de prison, garde encore en mémoire le souvenir de sa première prise de responsabilité pastorale: «Moi qui n’étais pas mère, j’ai fait l’expérience de l’éveil des dimensions maternelles que sont la rondeur et de la douceur en moi», confie-t-elle.

FAIRE UN BOUT DE CHEMIN ENSEMBLE
Formation et supervision participent à garder une juste distance, sans fusion, projection ou séduction inappropriées. La relation reste ouverte, elle ne s’impose pas, d’un côté ni de l’autre. Un tel ministère aide son bénéficiaire à se laisser aimer et transformer par le Dieu de la vie et de l’amour. Et Florence Munar de conclure: «Aux Baumettes, je suis avec les détenues comme avec les personnes de ma communauté. Nous faisons ensemble un bout de chemin, un chemin de vie.» Non sans rappeler, avec la théologienne Georgette Blaquière que, «si l’efficacité vient de l’homme, la fécondité, comme la vie, vient de Dieu».

Dossier: Spiritualité
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