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Apprendre à donner en famille; la joie de la générosité

© Istock
Et si la générosité devenait une résolution pour l’année 2021? La famille est un excellent lieu d’apprentissage car donner, c’est possible dès le plus jeune âge. C’est le rôle des parents de transmettre cette valeur en la vivant pleinement en premier.
David Métreau

Le début de l’année est l’occasion idéale pour réfléchir à un nouveau projet familial. Cela peut être des travaux, un voyage, un tri sélectif plus efficace ou tout simplement la générosité! Etre généreux en famille, oui mais comment? «Je pense que la générosité n’est pas quelque chose d’inné mais elle se développe, s’apprend», estime Marie-Ségolène Boiron, conseillère conjugale et familiale.

Sensibiliser les enfants
Selon elle, un enfant peut, dès son plus jeune âge, avoir des éléments de générosité mais a surtout un instinct de possession. «La générosité c’est ce qui nous fait vivre, mais paradoxalement, ce n’est pas un mouvement forcément naturel.» Elle encourage les parents à sensibiliser leurs enfants à la générosité dès que possible.
Pour la conseillère familiale, il est sage d’inclure les enfants dans une générosité familiale, d’évoquer le sujet ensemble. «En tant que parent, je peux demander quel est le petit pas que l’enfant pourrait faire. Un petit pas fait par l’enfant lui-même est plus important que le grand pas qu’il ferait sous la contrainte.» Cela peut commencer par un jouet ou un vêtement mis de côté en vue de le donner à des associations. Ai-je besoin de ce vieux vélo qui encombre le garage, ou de toutes ces peluches? Cette enceinte Bluetooth ne pourrait-elle pas faire plaisir à mon amie Clara?

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La verbalisation
L’apprentissage de cette générosité passe par l’expérience: «J’invite les parents à faire revivre ce qui est vécu par l’enfant», incite Marie-Ségolène Boiron. Pour illustrer son propos, elle prend l’exemple d’un enfant en âge d’aller à l’école maternelle ou enfantine, qui a été encouragé à donner un bonbon à l’une de ses camarades.
La conseillère conjugale et familiale exhorte les parents à permettre à l’enfant de verbaliser cette expérience. Il pourra revenir sur son acte de générosité et en tirer des conclusions: «Très schématiquement on pourrait alors entendre la phrase suivante. “J’ai donné un bonbon à une camarade, c’était bien. Elle était contente. Nous sommes devenues amies.”» Ainsi, assure Marie-Ségolène Boiron, cette générosité est mieux comprise, personnalisée, assimilée.

Un encouragement aux parents
L’apprentissage du don est néanmoins souvent déséquilibré, souligne la conseillère. «Celui qui le pratique tombe soit dans le trop et l’oubli de soi; soit dans le pas assez et une avarice qui isole.» Il s’agit donc pour les parents de montrer l’exemple et de rééquilibrer si nécessaire.
Les parents sont ainsi encouragés, dès qu’ils le peuvent, à valoriser les élans de générosité, mais sans les forcer systématiquement. «Etre généreux, c’est accepter de se frustrer pour un bien supérieur» souligne Marie-Ségolène Boiron. Mais cette générosité ne s’exprime pas seulement sous l’injonction parentale, ceux-ci sont d’ailleurs aussi concernés. En se montrant généreux, serviables auprès des voisins ou amis, en ayant un discours ouvert sur le don aux œuvres et aux associations, les parents deviennent plus crédibles pour proposer cette générosité à leurs enfants.

Quelles actions concrètes?
Cet apprentissage passe également par des actes symboliques qui deviennent des temps forts vécus en famille. Concrètement, certaines familles décident, ponctuellement, pour soutenir un projet, une initiative ou une association de mettre en place une journée ou un repas «bol de riz». Le concept? Proposer comme repas quelque chose de très simple et peu coûteux comme du riz, sans viande ni sauce, les économies réalisées sur le ou les repas servant auxdits projets. «C’est important d’expliquer le sens de cette démarche et d’en parler ensemble», déclare Marie-Ségolène Boiron. Discuter, répondre aux questions, instruit les enfants et permet aux parents de s’interroger sur leur propre rapport à la générosité et au don.

Chacun apprend à son rythme
La générosité peut prendre diverses formes, elle n’est pas que matérielle ou financière, insiste la conseillère conjugale et familiale, pour qui «aimer c’est donner». Donner de son temps, de son attention, de son écoute, faire preuve de bienveillance et d’hospitalité, c’est se montrer généreux.
Attention cependant à ne pas porter de jugement sur les «petits pas» que peuvent faire les membres de la famille, même s’ils paraissent dans un premier temps dérisoires. «Au sein d’une famille, tout le monde n’a pas le même rapport au don. Une personne peut à un moment donné avoir du mal à partager. Il ne faut pas l’accabler, car c’est rarement définitif. C’est simplement la preuve que cette générosité est encore en cours d’apprentissage.»

David Métreau

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