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Décidément on ne se comprend pas

© Istock
Malgré des jours ou des années à essayer de comprendre l’autre et de le cerner, il ou elle reste une énigme insupportable! Quelques pistes pratiques et un témoignage pour ceux et celles qui veulent, malgré les différences, aller de l’avant!
Marlyse Plagnard

Après la lune de miel des débuts, les différences dans un couple apparaissent dans toute leur acuité et bien souvent, elles ne sont pas des plus agréables. Plusieurs possibilités s’offrent alors au jeune couple.

QUATRE OPTIONS VERS L’UNITÉ

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1. Tenter de changer l’autre coûte que coûte, pour qu’il devienne conforme à nos attentes, à nos représentations. C’est une option quelque peu violente qui ne respecte pas l’altérité de l’autre et qui contient déjà son propre échec à terme.

2. S’interroger plus en profondeur sur le pourquoi de cet achoppement: avons-nous besoin d’un partenaire identique à nous-mêmes pour renforcer nos bases fragiles? Ces différences nous renvoient-elles aux traits et comportements d’autres personnes significatives de notre passé, notre père ou mère par exemple?

3. Dire à l’autre sa difficulté voire sa souffrance à «faire avec» cette différence, dans l’espoir que l’autre puisse de lui- même modifier quelque chose sans se renier et trouver ainsi la voie d’un compromis.

4. Renoncer à ce que certaines attentes soient concentrées sur le seul conjoint: peut-être existe-t-il d’autres personnes de notre entourage avec lesquelles nous pouvons partager ce qui ne peut l’être avec l’autre?

L’EXEMPLE D’ESTELLE ET JEAN

Dans ce sens, l’exemple d’Estelle et Jean est inspirant. Tous deux constatent qu’ils font face très différemment au handicap de leur fille Alison. Estelle a besoin de parler longuement avec Jean de ce qu’elle vit: initiatives, difficultés, inquiétudes et épuisement parfois. Jean, au contraire, est plutôt dans l’action. Il a besoin de «faire» pour sa famille et pour Alison en particulier: aménager au mieux la maison, organiser des sorties et des vacances, etc. Il ne ressent pas le besoin de parler et se trouve un peu «plombé» par l’expression du ressenti d’Estelle. Plus Estelle demande ces moments de partage, plus Jean prend de la distance. Inévitablement, l’incompréhension et le ressentiment s’installent. Estelle a mis un certain temps à accepter les besoins différents de Jean sans les juger «égoïstes». Elle réalise aussi qu’elle a pris des distances avec sa famille, ses amis, en partie parce qu’elle était «sous l’eau» après la naissance de leur enfant et aussi par crainte d’être incomprise. Il n’y avait que Jean avec qui elle pouvait partager son vécu de mère d’enfant handicapé. Jean, de son côté, ne réalisait pas à quel point Estelle se sentait seule et en souffrance. S’il est honnête, il se rend bien compte que ce grand besoin de «faire» était aussi une fuite devant sa propre souffrance.

UN PAS DANS LA DIRECTION DE L’AUTRE

Un dialogue approfondi a permis à Estelle et Jean d’aller un peu plus loin dans la connaissance l’un de l’autre et d’assouplir leur opposition. Estelle a renoué avec une amie d’enfance qui connaît un peu le monde du handicap et qui lui offre une oreille avisée et bienveillante. L’attente de partager avec Jean se fait alors moins pressante. Jean, de son côté, a compris que de partager son souci avec Estelle l’apaisait davantage que de le mettre purement et simplement de côté: il a appris à aimer ces temps d’échange confiants, sans renoncer à ses initiatives concrètes qu’Estelle sait apprécier de plus en plus!

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