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A la maison… à chacun son territoire

© Istockphoto
Vivre avec d’autres personnes sous un même toit comporte son lot de défis et d’inconforts. Pour que chacun se sente respecté, une délimitation des territoire s’avère inévitable. Avis experts.

L’espace domestique est un territoire partagé, la période covid nous l’a rappelé! Bonjour la régulation du charivari quotidien, soudain décuplé par une présence constante sous un même toit! Longtemps, autrefois, on s’entassait: en Orient, les épouses parquées à part avec les enfants gagnent tour à tour la couche de l’époux polygame. En Occident, le couple, au mieux, dispose d’une alcôve privée dans la salle commune.

De nos jours, les hommes ont un bureau (meuble ou pièce), le garage ou la cave pour eux. Chaque enfant, sa chambre. Mais bien des femmes n’ont aucun lieu, pas même un tiroir «à elle». Anne Sempère, architecte et coach en aménagement d’intérieur, rapporte ainsi qu’une cliente se réfugiait au «petit coin» redécoré par ses soins! Et la géométrie n’est pas seule en cause. La poétique de l’espace (éd. Presses universitaires de France) conte les rêveries de greniers, malles et autres armoires odorantes…

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Des enjeux confirmés par les sciences humaines

Pour Cornelis et Marianne Bakker-Rabdau, scrutant l’espace vital, la «territorialité» animale cible l’espace, un refuge contre les agressions et intrusions. Chez les humains, le qui fait quoi, au sujet de quoi et où, y est lié. Cela va de l’usage des fournitures et accessoires à celui des équipements (ordinateur familial, télévision et télécommande, meubles du salon, de la cuisine et de la salle à manger), de l’occupation et des pièces et dépendances éventuelles, en plus du choix et des machines et véhicules utiles à la vie familiale, à la maintenance de tous ces éléments.

Il est bon de distinguer les choses, par exemple: pour le jardin, le balcon, qui décide, qui agit et avec quel degré d’indépendance, pour tout ou partie? La gestion concertée du temps a aussi sa place. S’éclipser ex abrupto prive autrui d’autonomie, complique la gestion des tâches, de l’intimité, des loisirs.

Les traditions familiales jouent là aussi leur rôle. Pour Guy de Brébisson, sexothérapeute, tel type de plat, de cuisson, plante ou peluche, s’y réfère. Se sentir trop restreint ou envahi dans son territoire visuel, olfactif ou auditif est éprouvant. «Je suis celui que tu dois être»: cette maxime ignore que ce que perçoivent et ressentent l’un et l’autre des conjoints diffère: on n’a ni à en juger, ni à s’aligner, mais à s’en parler.

Ce qui est en jeu, c’est d’exister librement. «Je vois tant de couples s’entourer d’objets qu’ils n’aiment pas. Une fois défini ce qu’on a envie de vivre, ensemble et chacun, il faut les reprendre un à un, voir s’ils procurent de la joie», conseille Anne Sempère. S’approprier une porte de placard, un coin fauteuil, une pièce, y disposer ce qu’on chérit, pas ce qui gêne ou encombre, c’est une simplification libératrice, à opérer quand on a du temps!

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