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Bien démarrer son couple, ça ne s’improvise pas

© Istockphoto
Sandra et Julien Dubi, psychologue et pasteur, respectivement, et parents de six garçons âgés de 12 à 22 ans, nous livrent quelques points d’attention pour se lancer sereinement dans la vie de couple.
David Nadaud

Pourquoi je cherche à me mettre en couple

Julien Dubi dégaine le premier, expliquant que le couple commence avant même le premier baiser: «Il est important que chacun examine sa motivation pour se mettre en couple: est-ce que je désire l’autre pour qu’il puisse me remplir, me faire du bien, s’occuper de moi, devenir ma moitié? Ou alors, est-ce que je décide que l’autre va justement être la personne dans laquelle je vais pouvoir me déverser, à laquelle je vais donner ma vie, me consacrer? La personne qui va devenir mon centre d’intérêt, pour laquelle j’adapterai ma vie pour que la sienne soit plus belle, plus facile? Bref, comprendre si l’autre vient combler un manque ou si, au contraire, je viens déverser mon surplus dans la vie de l’autre.» Pour Julien, cette clairvoyance permet d’éviter de tomber dans la co-dépendance. Sandra explique ce terme, selon elle: «C’est lorsqu’on attend de l’autre qu’il nous comble. S’il y a deux personnes qui attendent chacun que l’autre la comble, qui va combler qui? C’est la question.»

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2. Equilibre personnel et conjugal

«Un couple fusionnel est voué à l’échec si un conjoint ne peut pas vivre sans l’autre, s’il est perdu sans l’autre», avance Sandra. «Il est primordial que chacun ait des activités qui lui soient propres, même si ce sont des activités qui peuvent être plus ou moins similaires. Il faut qu’il y ait des lieux d’accomplissement qui ne soient pas forcément liés aux conjoints.»

3. L’amour est fondé sur la communion

Pour partir sur de bonnes bases, Sandra ajoute qu’il est important «de pouvoir déconstruire le fait que l’amour est fondé sur des sentiments. L’amour est fondé sur la communion. Dans la communion, il y a des sentiments, mais surtout une vision commune, un désir commun».
«Qu’est ce qui te motive dans la vie?», «Quels sont les endroits de rencontre?», «Qu’est-ce qui dirige ta vie?» sont autant de bonnes questions à se poser à soi-même et mutuellement.
«De façon assez pragmatique,» poursuit Julien, «j’encourage les amoureux à visiter l’ensemble des domaines de leurs vies: les finances, les voyages, les loisirs, les relations, la culture, les croyances, les sports, les objectifs à court, moyen et long terme, la parentalité… et peut-être encore d’autres sujets qui leur sont importants. Ensemble, les deux peuvent évaluer le pourcentage sur lequel ils sont d’accord.»
Il ajoute que cet état des lieux demande du courage: «Il reste ensuite à voir s’il y a une voie médiane possible sur les sujets de discorde, susceptibles d’augmenter le pourcentage d’accords.» Cette approche pragmatique reflète le désir de marcher ensemble, d’avoir une communion, de faire « comme-un ».»

4. Les bonnes bornes pour construire

Julien ajoute que dans la vie de jeune couple, il est bon de se mettre d’accord sur les frontières et limites à ne pas franchir. «Ça veut dire évaluer les degrés de sensibilité de l’un et de l’autre. Cela permet d’identifier ce qu’on est prêt à tolérer ou non; de déterminer là où on se sent respecté et là où on ne le sent plus. Cela passe par des questions très pratiques: est-ce que ça te gêne si je mange avec mes collègues de bureau chaque jour? Es-tu d’accord que je fasse du covoiturage avec une personne de l’autre sexe tous les jours pour aller au travail? Quels genres de films voulons-nous regarder ensemble? Est-ce que nous devrions laisser la belle-mère entrer chez nous sans frapper? Est-ce qu’elle peut appeler à n’importe quelle heure? Devrait-on avoir des comptes bancaires séparés?»

Julien met en garde contre le risque d’avancer dans une relation en balayant les questions qui fâchent sous le tapis, quitte à les voir réapparaître à la prochaine dispute. «Il s’agit de placer des bornes» au fur et à mesure que les sujets de tension ou de désaccord surviennent.
Si les débuts d’une relation de couple sont pleins de défis, ils sont en même temps passionnants. C’est pourquoi Julien et Sandra Dubi invitent chacun des couples qu’ils accompagnent à «prendre au sérieux ce type de questions qui peuvent sembler anodines mais qui sont de vrais pièges pour la vie de couple.»

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