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Pères, n’écoutez pas vos enfants!

© DR
Editorial de l'édition de printemps.
Christian Willi

Editorial de l’édition de printemps.

Vous rigolez j’espère?
Non, j’assume et le répète à tous les colleurs d’étiquettes sur le front des personnes qu’elles jugent politiquement incorrectes: «Pères, n’écoutez pas vos enfants!»
Mais attention, je ne prône pas un retour aveugle à la paternité fantasmée des temps anciens. Ni d’ailleurs le refus systématique et par principe au changement d’idées. Force est de constater qu’aujourd’hui, au nom des droits humains basés sur la liberté personnelle absolue, on demande, sans le dire aussi clairement, au père de se taire.
Dans un contexte devenu intolérant face à toute parole qui résisterait aux pensées les plus progressistes, rester debout, les idées claires et servir de repère, d’initiateur, de transmetteur pour nos enfants relève d’une détermination singulière. Un vrai défi!

Ceci étant posé, je vais immédiatement vous rassurer. Le problème n’est pas d’écouter ses enfants pour comprendre leurs questionnements, leurs défis. Le problème, c’est d’en faire l’étalon absolu de vos discussions avec eux, des décisions que vous prenez pour eux. Cela commence assez rapidement, lorsque Junior et Juniorette rentrent de l’école en affirmant qu’ils sont les seuls à ne pas avoir telles baskets ou tel Smartphone, ça continue plus tard lorsqu’ils vous disent que vos idées ou valeurs sont désuètes et qu’il faudrait évoluer…

Dans son inspirant ouvrage Pères, soyez forts pour vos filles (éd. Artège), la pédiatre Meg Meeker insiste sur le rôle déterminant du père dans la construction de l’enfant qui grandit. A force d’écouter et d’approuver nos enfants dans tous les choix de vie et affirmations identitaires, nous sommes progressivement amenés à fermer les yeux sur le manque d’assurance et sur la fragilité inhérente à la construction de l’identité de nos enfants. Evoquant son propre père, la pédiatre affirme qu’elle a pu développer sa confiance en elle-même grâce à son père et à ses idées claires. Xavier Lacroix, dans Passeurs de vie (éd. Bayard) l’affirmait aussi: les enfants ont besoin d’un père rempart, d’un père tuteur, d’un père transmetteur. Et, surtout durant l’adolescence, de réaliser qu’ils ont un père plus fort qu’eux. Ce qui est aussi une sécurité pour eux.

Nos enfants ont besoin de repères, d’un esprit de famille - voir notre dossier sur le sujet ­- basé sur des valeurs fortes. A l’adolescence, il est tellement plus facile d’écouter nos enfants et de leur donner (presque) toute la liberté qu’ils réclament. Mais il est plus important de réfléchir à ce qu’ils nous disent et de leur servir de guide dans leur développement personnel.

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Une petite pensée en passant:

La consolation est la plus Chaque animal a son instinct, celui de l’homme est l’esprit de famille.

Honoré de Balzac, écrivain
Magazine Family

Article tiré du numéro Family 1/22 Février – Avril 2022

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